Alerte OTAN n°78 - janvier - mars 2021

Édito

Biden à la Maison Blanche : La lutte contre l'OTAN plus indispensable que jamais !

Le 20 janvier, Joe Biden est donc devenu le 46ème président des États-Unis. On ne peut bien sûr qu'acter avec satisfaction qu'une de ses premières mesures ait été d'accepter de proroger de cinq ans le traité New START qui limite les armes stratégiques de la Russie et des États-Unis et qui arrivait à expiration. On peut aussi espérer qu'il reviendra sur les retraits de l'administration Trump d'autres traités de limitation des armements (traité FNI sur les missiles intermédiaires, basés en Europe) ou de confiance (traité "Ciel Ouvert" qui autorisait l'observation aérienne mutuelle par les pays de l'OTAN et de la Russie). Peut-être renouera-t-il même avec l'Iran en revenant à l'accord sur le nucléaire conclu avec Téhéran.

Cependant,  le retour au multilatéralisme annoncé par Biden ne l’a pas empêché de désigner la Russie et la Chine comme ses ennemis. Ce retour risque de ne pas avoir de réel impact sur une course aux armements, devenue essentiellement qualitative, et la prolifération nucléaire qui en découle. Ainsi, il n’entre manifestement pas dans les intentions de la nouvelle administration états-unienne, pas plus que dans celles des autres puissances nucléaires, ainsi que de l'ensemble des États membres de l'OTAN, d'adhérer au Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN), entré en force deux jours après l'investiture de Biden. 

L'entrée en vigueur du TIAN, signé par 86 États, dont 52 l'ont déjà ratifié, rend en effet les armes nucléaires illégales pour une grande partie de l'humanité. En Europe seuls l’ont signé des pays hors-OTAN, tels l’Autriche, l’Irlande et la Serbie.

Rappelons qu'un pays aussi prompt à donner des leçons que la Belgique n'a bien entendu pas adhéré au TIAN, boycottant même courageusement les sessions de l'ONU qui étaient consacrées à l'élaboration du traité . Rappelons également que le sondage organisé par la Coalition Belge contre les armes nucléaires conclut que 77% de la population belge veut l’adhésion de notre pays à ce Traité.

Mais au moins, en ne signant pas le TIAN, la Belgique ne va pas le violer, comme elle fait actuellement avec le TNP  qu’elle a signé. En effet, en entreposant sur son sol, à Kleine Brogel, quelques dizaines de bombes nucléaires états-uniennes, bientôt remplacées par la version améliorée B-61-12, la Belgique  contrevient au Traité de non prolifération, puisque celui-ci interdit explicitement le transfert d'armes nucléaires. L’acquisition des ruineux  F-35 dont la principale qualité semble être la capacité à transporter ces nouvelles bombes, démontre à nouveau que la Belgique consacre l'essentiel de ses dépenses militaires à mettre en œuvre la stratégie nucléaire de l'OTAN.

Si Trump a pu faire douter les milieux atlantistes, en déclarant l’Otan "obsolète" et en affichant des velléités de repli des Etats-Unis sur eux-mêmes (Macron allant même jusqu'à parler de "mort cérébrale"), les applaudissements de ces milieux à l'élection de Biden laissent craindre que l'alliance sera revitalisée et renforcée. Biden a déjà annoncé l'arrêt du retrait  – décidé par Trump – de milliers de militaires U.S. d'Allemagne. Et son équipe est loin de rassurer les partisans de la paix.

Plus que jamais, la lutte contre l’OTAN et pour sa dissolution doit être au cœur des objectifs du mouvement de paix international. En Belgique, l’exigence de l'annulation du contrat d'achat des F-35, du retrait des bombes de Kleine Brogel et de la signature du TIAN, doit rester une priorité des organisations progressistes du pays.

Autres articles de ce bulletin

22 janvier 2021 : Les armes nucléaires sont illégales !


Manifestation devant le Ministère des Affaires Etrangères, 22/01/21

Ce 22 janvier, le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur. Les armes nucléaires deviennent officiellement illégales en vertu du droit international, rejoignant enfin les armes chimiques et biologiques. Le Traité interdit d’utiliser, de menacer d’utiliser, de mettre au point, d’essayer, de produire, d’acquérir, de posséder, de stocker et de transférer des armes nucléaires.

 

"Nous profitons de la nouvelle phase dans laquelle les négociations pour la formation d’un Gouvernement fédéral sont entrées afin de porter à votre connaissance les revendications largement partagées dans la société civile belge concernant la procédure de remplacement des avions de combat F16 de l’armée belge.  C’est ainsi que, et confiantes dans le fait que la crise que nous traversons donne encore davantage de force à nos arguments, les associations soussignées se permettent de revenir vers vous pour rappeler notre volonté de voir le prochain gouvernement abandonner le contrat d’achat de 34 avions de combat F35 conclu par le gouvernement Michel en octobre 2018....."

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75 ANS APRES LE BOMBARDEMENT ATOMIQUE DE HIROSHIMA ET NAGASAKI

Cette année, la commémoration du bombardement atomique d’Hiroshima et Nagasaki par les Etats-Unis en août 1945 sera particulièrement lourde de sens : nous ne sommes pas sortis de la crise  dans laquelle la pandémie mondiale du Covid.19 nous a plongés. Celle-ci a mis à nu les inégalités et les injustices sociales face à la maladie, elle a aussi mis en évidence que l’humanité a les moyens d’y faire face et de les surmonter en imposant l’arrêt des dépenses militaires folles et des guerres. Le virus de l’arme atomique est particulièrement dangereux et le risque de son utilisation par les « Docteurs Fol Amour » du monde actuel est très grand.

La commémoration au Parc Hibakusha de l’Université de Mons se réalisera en respectant les mesures de distanciation sociale et de sécurité  préconisées par les autorités sanitaires de notre pays et le rectorat de l’UMons. Ce sera la dernière sur le site actuel du Parc, au campus de la Plaine de Nimy de l’UMons.

Voici les informations définitives sur le déroulement de la journée

Quand ? le samedi 8 août 2020, entre 14 et 17 heures.

Où ?      à l’Université de Mons – Campus de la Plaine de Nimy – Mons
suivre la flèche sur poteau indicateur « Parc Hibakusha »

Au programme :

14h : accueil des participants au Parc Hibakusha

14h15 : dépôt de fleurs et minute de silence à la mémoire des victimes du nucléaire
Se munir d’un masque facial et respecter la distanciation sociale.

14h30 : réunion à la Salle Pascal, bâtiment des grands amphithéâtres

  • Lecture des messages  et informations sur les luttes contre l’armement nucléaire en Belgique
  • Présentation des projets de réaménagement du Parc Hibakusha : un an de travail des étudiants et professeur de la Faculté d’Architecture, 17 projets, un foisonnement d’idées et de propositions très intéressantes.
  • Constitution du Collectif Parc Hibakusha 2020 qui se chargera de mener le projet à terme

Plus d'informations sur le site du Parc Hibakusha www.parc-hibakusha.be

Carte-blanche de la plate-forme "Pas d'avion de chasse"

Tous les jours sur les coups de 20h00, nombreux sont celles et ceux qui ouvrent leur fenêtre et applaudissent, en communion, le personnel soignant qui se débat contre le coronavirus. Chacun sait le manque de masques, de tests, de respirateurs, de locaux, de lits, de personnel auquel le secteur doit faire face. Chacun sait que si les hôpitaux belges résistent encore, c’est au prix du confinement que nous devons vivre toutes et tous. Et que malgré ce confinement, la situation reste critique.  

Aujourd’hui, nous constatons ce qui doit être fait pour assurer notre sécurité et celle de la société. A travers cette crise sanitaire, nous expérimentons intensément l’importance capitale de services publics de qualité, et la nécessité d’en assurer la pérennité le plus longtemps et le plus énergiquement possible. 

Or, si les manques de masques ou de tests ont révélé les difficultés du secteur de la santé, cela fait plusieurs années que ce dernier dénonce les coupes budgétaires successives qu’il doit encaisser, au même titre que la plupart des autres services publics. Des coupes budgétaires qui résultent de choix politiques et qui ont abouti à la situation que l’on vit aujourd’hui. Des choix politiques qu’il faut donc dénoncer avec encore plus de vigueur.

C’est ainsi que dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement de Charles Michel a annoncé une économie de pas moins de 3,8 milliards d’euros dans les soins de santé sur l’ensemble de la législature. Avec toujours le même argument seriné depuis la crise économique de 2008 : il faut se comporter « en bon père de famille », il ne faut pas « vivre au-dessus de nos moyens », tous les secteurs de l’Etat doivent « faire des efforts ». 

En 2017 pourtant, alors que la Ministre du budget Sophie Wilmès annonçait un budget pour la sécurité sociale ponctionné de près d’un milliard (902 millions) d’euros, le gouvernement dégageait 9,3 milliards d’euros pour l’achat de matériel pour l’armée belge : deux frégates, des chasseurs de mines, 450 véhicules blindés, des drones… et 34 avions de combat pour lesquels le gouvernement Michel a signé un contrat d’achat d’une valeur de plus de 4 milliards d’euros en octobre 2018. Sur la totalité de leur durée de vie, ces avions couteront 15 milliards aux contribuables belges… sans compter leur utilisation qui chiffre à 40.000 euros l’heure de vol. D’énormes investissements qui ne sont pas destinés à notre sécurité mais qui répondent à la pression de l’OTAN et des États-Unis pour augmenter à 2% du PIB, nos dépenses de défense.

Il est encore plus clair aujourd’hui que la priorité en octobre 2018 n’était pas d’engager la Belgique dans l’achat de 34 avions chasseurs-bombardiers. Les priorités étaient ailleurs, évidemment. 

Les finances publiques vont à nouveau, comme en 2008, être soumises à rude épreuve. Et il faudra se réinventer pour continuer à dégager des moyens pour permettre aux services publics de garantir pleinement leurs missions. Mais il est désormais évident que la Belgique n’avait pas, n’a pas et n’aura pas les moyens d’investir autant d’argent dans du matériel militaire dont, du reste, l’utilisation est extrêmement problématique.

Depuis le début du processus de remplacement des avions F16 de l’armée belge, les arguments se sont accumulés contre ce projet, contre la manière dont le processus s’est déroulé et contre le choix final. Si le gouvernement n’était passé en force en outrepassant le débat démocratique lors du « F16 gate » quand les abus de la procédure ont été révélés, l’ensemble du dossier aurait logiquement été transféré au gouvernement qui sortirait des élections de mai 2019. Tous ces arguments restent valides aujourd’hui mais s’effacent quoi qu’il arrive devant l’évidence qui saute désormais aux yeux de chacune et de chacun à la faveur de cette crise sanitaire : nous n’avons pas besoin de 34 avions chasseurs-bombardiers mais bien de l’argent que l’on aura épargné en abandonnant ces préparatifs de guerre. Nous demandons au gouvernement d'annuler le contrat et de réinvestir les fonds épargnés dans nos soins de santé publique!

Notre cher ami et camarade Marcel Poznanski, est décédé ce vendredi 8 septembre 2017, à la suite d'un cancer fulgurant du pancréas que les médecins ne pouvaient opérer ni vraiment soigner.
Marcel avait décidé de mourir dans la dignité, et c'est ce qu'il a fait, entouré de ses proches jusqu'à la dernière minute de sa vie, et soutenu par des médecins profondément respectueux.
Marcel est un des fondateurs de notre Comité de Surveillance Otan.


Hommage à Pierre Piérart
D'Hiroshima à Sarajevo


Parution du livre de VREDE sur l'Otan


Daniele Ganser
"Les Armées Secrètes de l'Otan"
Ed. Demi-Lune, 2007