Comité Surveillance OTAN
Il n’y a plus de traité nucléaire entre les États-Unis et la Russie
Roland Marounek
15 février 2026

New Start, le dernier pilier du système de stabilité stratégique est arrivé à expiration ce 5 février. C’est la première fois depuis 64 ans qu’il n’y aura plus de limites ou de  procédures de contrôle sur l’armement nucléaire entre les deux pays.

New Start rejoint ainsi le défunt Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, dont les États-Unis s’étaient retirés  unilatéralement en 2019 sous Trump I - rendant la perspective de l’installation de l’OTAN aux portes de la Russie d’autant plus préoccupante.

Avant cela les États-Unis avaient également déchiré le traité ABM (Anti-Ballistic Missile) dès 2002, qui empêchait l’installation d’un système de défense anti-missile, indispensable prétendait Washington pour se défendre de l’Iran, si ce n’est de la Corée du Nord. Personne n’était dupe bien sûr : le fameux ‘bouclier anti-missile’ a pour but de rendre inopérante une attaque nucléaire russe, permettant ainsi théoriquement à l’OTAN de lancer une première frappe sans craindre de réponse.

Le traité New Start limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et à 1 550 ogives stratégiques, empêchant ainsi la course aux armements atomiques. Il assurait surtout  un mécanisme de vérification : dans le cadre de ce traité, l’emplacement de tous les bombardiers stratégiques de chaque camp devaient être connus et visibles afin que l’autre camp puisse les contrôler sur des images satellites, limitant ainsi les risques d’attaques surprise ou de fausses alertes.

En juin dernier, l’Ukraine avait profité de cette disposition de transparence pour détruire une partie des bombardiers stratégiques russes stationnés à Olenya - avec l’aide des satellites de l’OTAN. C’est le « Pearl Harbor russe » s’était-on enthousiasmé en Occident... 

Les États-Unis n’ont pas donné suite à la proposition russe de prolongement du traité. C’est bien sûr extrêmement préoccupant, car non seulement cela multiplie de fait les risques de conflit nucléaire, mais c’est également une indication du sentiment de toute puissance des États-Unis de Trump, probablement certains de sortir victorieux d’une confrontation nucléaire. L’intérêt renouvelé pour le  Groenland, qui permettrait de menacer la Russie via l’Arctique n’est peut-être pas une coïncidence.

 

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