Se dessine dans la Vieille Europe un mouvement pour jeter aux orties Twitter (réseau dit social), depuis peu rebaptisé X; voire le boycotter ou, plus fort, carrément l'interdire. Comme quoi, la censure, de discrète et camouflée, se fait désormais bruyante et vertueuse. Bizarre, vous avez dit bizarre?
Qui suit un peu l'actualité l'aura remarqué. Ici et là, des gens, des groupes, qu'on aura tendance aujourd'hui à qualifier d'«influenceurs», bref, des gens et des groupes qui disposent d'une tribune publique et, partant, d'une certaine audience, ces gens et ces groupes en appellent ouvertement à la censure. Qu'on croyait d'un autre âge. Ou, à tout le moins, réservée à celles et ceux - gens de pouvoir - qui sont en position de l'imposer par le "fait du Prince". Sans remonter aux censures exercées contre Les Fleurs du mal de Baudelaire (1857) ou Ulysse de James Joyce (1922), l'interdiction de diffusion en Europe des chaînes d'information russes Russia Today et Sputnik (
...)