La montée du nationalisme nord-américain sous sa forme trumpienne, enracinée dans l’expansion stratégique, la supériorité civilisationnelle et une idée renouvelée de « destinée manifeste », remodèle l’attitude de Washington envers l’Amérique latine. Cette nouvelle vague ne se limite pas à réaffirmer la domination américaine dans l’hémisphère occidental ; il vise également à étendre le périmètre stratégique des États-Unis au nord non latin, à savoir le Canada et le Groenland, ravivant ainsi une logique impériale qui considère l’ensemble de l’hémisphère comme une extension naturelle du pouvoir américain. Dans ce contexte, l’intégration latino-américaine n’émerge plus comme une simple aspiration régionale, mais comme un défi structurel au calcul géopolitique de Washington.
L’une des manifestations les plus claires de ce changement est le regain d’attention du gouvernement américain sur les installations militaires (
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