Comité Surveillance OTAN
21 juillet 2023
Le sommet de l’OTAN à Vilnius (11-12 juillet) a montré qu’il n’y a absolument aucune possibilité de négociations pour régler la guerre en Ukraine dans un avenir prévisible. La guerre ne fera que s’intensifier, car les États-Unis et leurs alliés espèrent toujours infliger une défaite militaire à la Russie, bien que cela soit clairement au-delà de leurs capacités. Le 14 juillet, le général Mark Milley, président de l’état-major interarmées américain, a déclaré que la contre-offensive ukrainienne était “loin d’être un échec“, mais que le combat à venir serait “long” et “sanglant“. Milley a la réputation de dire ce que la Maison Blanche veut entendre, quel que soit son jugement professionnel. En effet, le 19 juillet, l’administration Biden a annoncé une aide supplémentaire à la sécurité d’environ 1,3 milliard de dollars pour (...)
28 avril 2023
Malgré tout le tintouin que fait Washington, de plus en plus de pays intègrent leurs chaînes d’approvisionnement avec la Chine. Même le ministre britannique des affaires étrangères fait des ouvertures à la Chine, tandis que Zelensky a eu un appel téléphonique « long et significatif » avec Xi Jinping mercredi. La position de Washington, sanctions et tout le reste, est en train de se (...)
27 mars 2023
La baronne Goldie est une femme politique écossaise expérimentée et un pair à vie qui a été chef du parti conservateur écossais de 2005 à 2011 et ministre d’État à la défense du Royaume-Uni depuis 2019. Elle est tout sauf une fêtarde comme Liz Truss qui a souvent dû ravaler ses paroles indiscrètes, trahissant son ignorance. Il est certain que la baronne Goldie a parfaitement compris les implications de ce qu’elle a consigné dans une déclaration écrite à la Chambre des Lords le 20 mars, dans sa réponse à la question apparemment anodine de Lord Hylton : « Demander au gouvernement de Sa Majesté si les munitions actuellement fournies à l’Ukraine contiennent de l’uranium appauvri.  » (À propos, Lord Hylton est l’un des 92 pairs héréditaires élus pour rester à la Chambre des Lords (...)
19 mars 2023
Le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale à l’encontre de Vladimir Poutine ne peut être considéré que comme un coup de pub mené par la clique anglo-saxonne, les États-Unis en tête. Ironiquement, la CPI a agi à la veille du 20e anniversaire de l’invasion anglo-saxonne de l’Irak en 2003, qui a donné lieu à d’horribles crimes de guerre, mais les « juges » de La Haye dormaient sur leurs deux oreilles à cette époque là. Washington et Londres admettent aujourd’hui que l’invasion de 2003 était illégale et qu’elle reposait sur de fausses allégations à l’encontre de Saddam Hussein.  Il n’y a évidemment aucune chance que le mandat de la CPI soit un jour pris au sérieux. La CPI n’est pas compétente en Russie qui, comme les États-Unis, n’est pas signataire du Statut de Rome. Mais (...)
14 mars 2023
Lundi prochain, un anniversaire inquiétant se profile à l’horizon. Cela fera 20 ans que les États-Unis ont envahi l’Irak. La Grande-Bretagne était l’un des piliers de la « coalition des volontaires » dirigée par les États-Unis. Le chroniqueur du Guardian, John Harris, a écrit dimanche qu’il s’agissait du « plus grand désastre politique et humanitaire dans lequel le Royaume-Uni ait été impliqué depuis la Seconde Guerre mondiale… lorsque le prétendu centre politique a soudainement basculé dans l’insouciance et la catastrophe« . La guerre d’Irak a été à l’origine d’une violence sans fin et d’un nombre considérable de morts. Ironiquement, c’est Seymour Hersh qui avait révélé l’horrible chronique des tortures pratiquées par les (...)
30 juin 2022
Dans un coup de maître de diplomatie militaire, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé aujourd'hui qu'il «retirait» la garnison de l’Ile aux Serpents, le territoire très disputé de la Mer Noire d'où les forces ukrainiennes ont été expulsées en mars au début de l'opération militaire spéciale de Moscou. Cette décision intervient un jour après que le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ont discuté de la sécurité alimentaire dans le contexte de la situation en Ukraine, lors d'un appel téléphonique mercredi. Le compte-rendu russe déclare que Lavrov "a souligné que l'exportation de céréales ukrainiennes est empêchée par le minage de la Mer Noire par Kiev". En outre, Lavrov "a réaffirmé sa volonté de continuer à remplir ses obligations en matière d'exportation de denrées alimentaires et d'engrais, bien que leur respect soit considérablement compliqué par les sanctions unilatérales illégales des États occidentaux et (...)
11 avril 2022
La poussée désespérée de l'Occident pour affaiblir la Russie et faire basculer l'équilibre stratégique mondial en faveur des États-Unis vise à dégager la voie qui mènerait à un ordre mondial unipolaire au 21e siècle.
15 mars 2022
Après avoir considérablement dégradé les capacités militaires de l’Ukraine, la Russie est prête à intensifier l’opération spéciale menant à la victoire finale. Moscou a donné des signaux dans ce sens. Le signal le plus significatif est venu du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui a déclaré lundi : « La Russie dispose d’un potentiel suffisant pour mener l’opération militaire spéciale en Ukraine. L’opération se déroule conformément au plan initial et sera achevée à temps et dans son intégralité. » Comme je l’avais écrit plus d’une fois précédemment, la stratégie militaire russe suit son cours, contrairement à ce que véhicule la désinformation occidentale hypertrophiée, à savoir que l’opération spéciale a « échoué ». M. Peskov a laissé entendre qu’il n’était pas question d’arrêter l’opération prématurément. Il s’est exprimé au milieu des appels occidentaux au «cessez-le-feu». M. Peskov a révélé que le président Vladimir Poutine avait spécifiquement ordonné aux (...)
2 mars 2022
Trois événements survenus la semaine dernière annoncent un profond changement dans la politique européenne. Il est tentant, mais en fait vain, de placer ce changement comme une réaction à la décision russe de lancer des opérations militaires en Ukraine. Le prétexte ne fournit que l'alibi, alors que le virage est ancré sur le jeu de pouvoir et a une dynamique qui lui est propre.
12 février 2022
La région séparatiste du Donbass se prépare à une attaque des forces nationalistes extrêmes ukrainiennes enhardies par le soutien occidental
28 janvier 2022
La réponse officielle des États-Unis aux demandes de garantie de sécurité de la Russie a été remise mercredi au ministère des Affaires étrangères à Moscou. Les pires craintes de Moscou se sont réalisées : Washington a tout simplement esquivé sans aborder les principales préoccupations russes – l'expansion de l'OTAN, le retour des déploiements de l'OTAN au niveau d'avant 1997, etc. – et a plutôt proposé de discuter des mesures de renforcement de la confiance. Néanmoins, Moscou ne prendra que la voie du dialogue, car il est dans l'intérêt de la Russie de ne pas paraître inflexible, bien que, si l'expérience passée est un guide, les « Confidence-Building Mesures » avec les États-Unis ne durent que jusqu'à ce qu'ils les abandonnent. Le président russe Vladimir Poutine, dans son allocution annuelle devant le Parlement russe en avril dernier, avait clairement tracé les «lignes rouges» : Moscou veut de bonnes relations avec les autres pays et «ne veut vraiment pas couper les (...)
23 janvier 2022
Les pourparlers américano-russes à Genève au cours des deux dernières semaines consécutives n'ont pas pu produire de percée. Fondamentalement, il y a une contradiction qui ne peut pas être résolue facilement. La Russie voit en termes existentiels l'avancée de l'OTAN dans son voisinage occidental immédiat. Mais pour Washington, it’s geopolitics, stupid! , c'est juste une question de géopolitique.
12 janvier 2022
Cela doit être une page rare dans l'histoire diplomatique étatsunienne qu'un secrétaire d'État US ait littéralement perdu la tête. Les explosions d'Antony Blinken sur les événements au Kazakhstan n’ont pas seulement été grossières, mais également insensées. Blinken a remis en cause la décision du président du Kazakhstan Kassym-Jomart Kemelevich Tokayev de demander l'aide de l'Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) pour déployer des forces afin d'aider à stabiliser la grave situation dans son pays. Selon lui, ‘la raison du déploiement n’est pas claire’ ! Moscou avait souligné dès le départ que le déploiement de l'OTSC serait temporaire. Néanmoins, Blinken a déclaré qu'« une leçon de l'histoire récente est qu'une fois que les Russes sont dans votre maison, il est parfois très difficile de les faire partir ». Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement dénoncé les propos insultants de Blinken. Il a déclaré que Blinken parlait "de sa manière (...)
9 janvier 2022
Un laboratoire biologique financé par le Pentagone près d'Almaty, au Kazakhstan, est devenu le centre d'attention pour ses recherches sur les « agents pathogènes dangereux » Le ministère kazakh de la Santé a publié aujourd'hui [9 janvier] un avertissement anodin démentant les informations sur les médias sociaux concernant la saisie d'un "laboratoire biologique militaire près d'Almaty par des personnes non identifiées". Selon l'agence de presse Tass, les médias sociaux avaient émis l'hypothèse que des spécialistes des combinaisons de protection chimique travaillaient à proximité du laboratoire alors qu'une "fuite d'agents pathogènes dangereux" se produisait. Le communiqué de presse soigneusement rédigé du ministère kazakh précise : « Ce n'est pas vrai. L'installation est protégée. » Point final. Le rapport intrigant met en évidence la pointe d'un iceberg qui a des (...)
8 janvier 2022
Le point de presse du secrétaire d'État US Antony Blinken à Washington vendredi [7 janvier] a été largement consacré à l'Ukraine et aux prochains pourparlers sur la stabilité stratégique avec la Russie. Mais en réponse à une question soigneusement posée à la fin de l’échange, Blinken a commenté amèrement le déploiement de troupes russes au Kazakhstan. Blinken a dit que les États-Unis observaient les développements avec une « réelle préoccupation » et a souligné « l'importance absolue du respect des droits de l'homme, de la liberté des médias, y compris la restauration de l’Internet, et de la gestion des manifestations pacifiques d'une manière qui protège les manifestants, respecte leurs droits et soit conforme à l'état de droit. » De toute évidence, il n'était pas au courant des conditions anarchiques dans lesquelles des "manifestants" avaient incendié la résidence officielle du président et le bureau du maire de la ville d'Almaty. L'ambassadeur de Russie à (...)
29 décembre 2021
L'OTAN avait prévu de s'implanter au Sahel pour fournir une plate-forme aux puissances occidentales afin qu’elles puissent se concentrer sur leur programme néo-colonial d’exploitation des ressources de cette région. Mais le projet est au point mort puisque la porte d'entrée du Sahel est la Libye où règnent des conditions anarchiques, et où la Russie a déjà une présence établie. Si la Russie déployait ses ailes également dans la région du Sahel, l'OTAN pourrait tout aussi bien mettre en veilleuse ses rêves africains une fois pour toutes.
26 décembre 2021
« Nous n'avons nulle part où nous retirer », a déclaré Poutine, ajoutant que l'OTAN pourrait déployer des missiles en Ukraine qui ne prendraient que quatre ou cinq minutes pour atteindre Moscou. « Ils nous ont poussés vers une ligne que nous ne pouvons pas franchir. Ils en sont arrivés au point où nous devons simplement leur dire ‘Stop !’ »
26 décembre 2021
Un rapport de l'agence Kyodo News cite ce vendredi des sources gouvernementales japonaises selon lesquelles Tokyo et Washington ont élaboré un projet de plan d'opération conjoint qui permettrait la mise en place d'une base d'attaque le long de la chaîne insulaire de Nansei dans le sud-ouest du Japon en cas d'urgence à Taïwan. . Selon le rapport, la prochaine réunion ministérielle « 2+2 » des chefs des Affaires étrangères et de la défense des États-Unis et du Japon le 7 janvier à Washington devrait « officialiser » le plan d'opération. Le rapport détaille que dans le cadre du plan, "les Marines US établiront une base d'attaque temporaire" sur les îles Nansei (également connues sous le nom d'îles Ryukyu) initialement dans une chaîne s'étendant vers le sud-ouest en direction de Taïwan, avec environ 40 "sites candidats" parmi (...)
25 décembre 2021
Le son de la glace qui se brise entre l’Inde et la Chine va déclencher une nouvelle campagne médiatique d’inspiration US pour exciter les faucons. Armé d'images satellite US, et pimenté par des remarques en roue libre d’ex- généraux et universitaires indiens bavards, le Washington Post a attiré l'attention sur la région du Ladakh.
21 décembre 2021
Lorsque Pavel Zavalny, le président de la commission parlementaire russe sur l'énergie, a annoncé vendredi dernier que le gazoduc Nord Stream 2 pourrait commencer à envoyer du gaz naturel vers l'Allemagne dès le mois prochain, cela a été reçu avec incrédulité. Mais Zavalny était catégorique, et a déclaré à l’agence Reuters : « Je peux dire avec un haut degré de certitude que le premier envoi de gaz via Nord Stream 2 partira en janvier ». Il a ajouté que les Européens ne voudraient pas traîner les pieds avec le processus de certification du Nord Stream 2 à un moment où leurs niveaux de stockage de gaz sont si abominablement bas. Mais Zavalny contredisait de fait la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock qui a déclaré il y a seulement quatre jours que le processus de certification était suspendu « en raison de l'existence d'une réglementation claire dans le droit européen concernant le domaine de l'énergie, sur le découplage et d'autres questions sur (...)
17 décembre 2021
Une semaine fatidique se termine aujourd'hui pour la sécurité internationale avec la publication par le ministère russe des Affaires étrangères des deux documents sur les garanties de sécurité que Moscou avait proposés à Washington comme base de discussions pour apaiser les tensions sur l'expansion de l'OTAN vers l'Est et pour arrêter les déploiements de l'alliance près des frontières de la Russie , notamment en Ukraine. Sur les deux documents, l'un est un projet de traité avec les États-Unis qui contient les six dispositions suivantes : La Russie et les États-Unis n'utiliseront pas le territoire d'autres pays pour préparer ou mener des attaques l'un contre l'autre ; Aucune des parties ne déploiera de missiles à courte ou moyenne portée à l'étranger ou dans des zones où ces armes pourraient atteindre des cibles à l'intérieur du territoire de l'autre ; Les États-Unis ne doivent pas ouvrir de bases militaires dans les pays post-soviétiques qui ne sont pas (...)
16 décembre 2021
Le New York Times a bien compris l’histoire, lorsque son bureau de Moscou a regardé le résultat de la vidéoconférence entre le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping hier et a estimé que les deux principaux adversaires des États-Unis « recherchaient un soutien mutuel dans leurs conflits avec l'Occident mais pas encore une alliance formelle ».
13 décembre 2021
La Russie réitère ses "lignes rouges", à la recherche de garanties juridiques à long terme contre la poursuite de l'avancée de l'OTAN vers l'Est et le déploiement d'armes aux frontières occidentales de la Russie. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié le 10 décembre une déclaration dans laquelle il a dit s'attendre à ce que des garanties juridiques à long terme soient données « dans un délai précis et sur la base du principe de sécurité globale et indivisible ». Moscou sent que Washington renverse l'argument, et prétend que le problème concerne la soi-disant concentration de forces sur le territoire russe qui pourrait présager une invasion de l'Ukraine. Cela a été répété par Biden lui-même le 12 décembre qui a une fois de plus esquivé la question des déploiements de l'OTAN et a préféré s'attarder sur (...)
8 décembre 2021
Ce doit être un des rares cas  où le président russe Vladimir Poutine, au cours de ses 18 ans au Kremlin, n’est pas sorti gagnant d'une rencontre avec un président américain. Et cela devait tomber sur la président Joe Biden qui n'a pas encore terminé un an de mandat. Pourtant, Poutine a rencontré tous les présidents étatsuniens en exercice depuis Bill Clinton, dans des circonstances pénibles, remplies de silences gênants, de regards glacials et de professions de confiance. Les responsables du Kremlin ont apparemment mal lu les augures et ont parié sur une forte probabilité que Poutine et Biden concluent un accord à un niveau égal sur les "lignes rouges" de la Russie en Ukraine - pas d'adhésion à l'OTAN pour l'Ukraine, pas de déploiements occidentaux proches des frontières de la Russie. Mercredi dernier, Poutine a expliqué ce à quoi le Kremlin s'attendait lors des pourparlers. S'exprimant lors d'une cérémonie au Kremlin, Poutine a souligné que la Russie cherchera « des garanties de (...)
5 décembre 2021
Ce qui s'est déroulé au cours des dernières 24 heures dans le tango diplomatique américano-russe peut être considéré comme un avant-goût de la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président américain Joe Biden, qui est prévue mardi soir. La Russie a obtenu ce qu'elle recherchait vivement : une rencontre entre Poutine et Biden. Au-delà de cela se trouve "l'inconnu inconnu" (...)
19 novembre 2021
N’est-ce pas là une ironie savoureuse ? Le secrétaire britannique à la Défense Ben Wallace s'est précipité à Varsovie jeudi pour élaborer des plans détaillés visant à renforcer la clôture frontalière de la Pologne avec la Biélorussie. La Grande-Bretagne s'était associée aux États-Unis dans l'invasion de l'Irak en 2003, et est désormais le protecteur autoproclamé de l'Union européenne contre les migrants irakiens ! 150 Royal Engineers de l'armée britannique seront envoyés pour aider à renforcer la frontière de la Pologne avec la Biélorussie. Wallace a émis l'hypothèse que les troupes britanniques pourraient également aider « potentiellement d'autres États baltes à sécuriser leur frontière ». Les médias britanniques ont rapporté que des centaines de soldats des forces spéciales britanniques et de parachutistes seraient, selon certaines sources,  également prêts à se déployer en Ukraine au milieu des tensions croissantes dans cette région. Mardi, Wallace s'est rendu à (...)
16 novembre 2021
La COP26 a mis en évidence le fait que lorsqu’il s’agit de création/transfert de richesses, les enjeux sont élevés et que l’Occident protège collectivement ses intérêts et n’hésitera pas à exploiter les divisions entre les pays en développement. L’événement qui s’est déroulé pendant quinze jours à Glasgow est un rappel brutal que l’histoire n’est pas terminée.
23 septembre 2021
La France et l’Allemagne ne peuvent ignorer que s’agissant de l’Indo-Pacifique, Washington est prêt à dépenser plus de capital politique et à investir davantage dans ses liens de sécurité et de défense avec le Royaume-Uni et l’Australie avant de se tourner vers les puissances européennes. Déjà pour l’Afghanistan, le président Biden n’avait même pas consulté les alliés européens en annonçant en avril le retrait des troupes. À présent, l’annonce de l’AUKUS ne peut que renforcer le point de vue français selon lequel l’UE a besoin de la capacité de défendre ses intérêts dans la région indopacifique. De même, l’AUKUS souligne que la position des États-Unis envers l’Australie au sein du QUAD est très différente de celle qu’ils adoptent envers le Japon et l’Inde. D’ailleurs, le haut fonctionnaire de Washington qui a briefé les médias sur l’accord avec l’Australie le 15 septembre était très clair lorsqu’on lui a demandé s’il était possible que les États-Unis étendent cette (...)
21 août 2021
Le quotidien moscovite Vedomosti, qui a des liens avec l'establishment, a rapporté que la Russie apporterait un "soutien militaire limité" à l'Ouzbékistan et au Tadjikistan en cas d'attaques en provenance d'Afghanistan, y compris des fournitures d'armes, un soutien aérien et le déploiement de forces spéciales, mais il n'y a « aucun plan pour déployer d'importantes forces terrestres » dans la région. Le quotidien cite des sources proches du ministère russe de la Défense selon lesquelles les unités d'opérations spéciales pourraient "jouer un rôle clé en cas de montée des tensions". L’article se conclu par un avis d'expert selon lequel si le scénario de sécurité s'aggrave de manière critique, une opération russe « similaire à la syrienne peut avoir lieu, qui impliquera des frappes aériennes et des missions de forces d'opérations spéciales. Et comme en Syrie, ce type d'opération comprendra l'utilisation limitée de munitions non guidées qui peuvent s'avérer (...)
26 juin 2021
Lorsque le Roi reçoit formellement son vassal à son Durbar pour la première fois, c'est un moment de vérité qui signifie que l’on prend note de l'obéissance de ce dernier, tandis que le vassal espère une affirmation de sa légitimité. Un président US doit recevoir vendredi (26 juin) le président afghan Ashraf Ghani à la Maison Blanche après un intervalle de quelque 6 ans. Le symbolisme est profond : Ghani est à Washington, alors que les Talibans resserrent l'étau sur Kaboul. Jeudi, Ghani s’est enfermé avec le directeur de la CIA William Burns pour une réunion de deux heures et demie. Pourtant, en avril, lorsque le président Joe Biden a annoncé le retrait des troupes d'Afghanistan, il n'a pas jugé nécessaire d’en parler à Ghani au préalable. Le retrait des troupes est maintenant affevé à plus de 50%. On attend peu de cette rencontre. Mais (...)
21 juin 2021
Le lendemain d'un sommet russo-américain est le moment le plus important pour savoir si la bonhomie affichée la veille était réelle, surréaliste ou irréelle. En observant le sommet de Genève (16 juin) entre les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, j’avais prudemment évalué le jour d’après : « Biden a-t-il le capital politique suffisant pour faire avancer un projet visant à créer ‘stabilité et prévisibilité’ dans les relations américano-russes ? De toute évidence, il est trop tôt pour dire que ce sommet a été un succès pour Biden ou non. Des semaines et des mois peuvent être nécessaires pour voir comment les relations américano-russes se développent. Un seul sommet à Genève ne peut pas transformer la relation. » (Takeaways from Biden-Putin summit, Indian Punchline) Poutine avait probablement eu une certaine prémonition. Ses remarques enthousiastes à propos de Biden sur une note personnelle jeudi, (...)
17 avril 2021
Dans son discours historique de politique étrangère prononcé à partir du département d'État US le 4 février, le président Joe Biden avait proclamé que «l'Amérique est de retour. La diplomatie est de retour au centre de notre politique étrangère ». Cette maxime a été mise à l'épreuve la semaine dernière. Et elle n’a pas passé l’examen. Une image confuse se dégage alors que la diplomatie US envers la Russie ces dernières semaines, en particulier depuis le 13 avril de la semaine dernière, suit un parcours en zigzag. Pour rappel, Washington a tranquillement encouragé Kiev à être belliqueux le long de la ligne de contact avec la région séparatiste ukrainienne du Donbass. Affirmant à plusieurs reprises «l’attachement indéfectible des États-Unis à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine» et ses préoccupations (...)
11 avril 2021
Le zèle avec lequel Washington est en train de solliciter les services de la Turquie pour tracer la voie menant à l’intégration des talibans en Afghanistan soulève des questions troublantes.
10 avril 2021
Le destroyer lance-missiles USS John Paul Jones qui a traversé les îles Lakshadweep le 7 avril a jeté les sinophobes indiens dans la confusion. Un grand quotidien l'a noté comme étant «une rare dispute entre les deux partenaires du Quad». Un analyste anti-Chine a tweeté qu'il ne s'agissait que d'un «exercice de relations publiques bâclé» de la part des Américains.
9 avril 2021
Exactement 10 ans après que les États-Unis aient cherché à faire jouer un rôle de pionnier à la Turquie pour lancer le projet de changement de régime en Syrie, ils sollicitent l'aide d'Ankara pour une autre transition politique dans le Grand Moyen-Orient - en Afghanistan. Les analogies ne tiennent jamais à cent pour cent en politique ou en diplomatie, mais les similitudes sont frappantes.
3 avril 2021
La terrible beauté des «conflits gelés» est qu'il ne faut pas beaucoup d'efforts pour augmenter la température et les faire remonter en violence chaude, mais qu’appuyer sur le bouton «pause» plus tard nécessiterait un consensus, ce qui n'est pas aussi facile. Le conflit gelé dans le Donbass a traversé ce cycle à plusieurs reprises, et il se dirige vers un autre. Mais, cette fois-ci, de grandes incertitudes surgissent, car l'environnement international est compliqué et un consensus impliquant la Russie d'un côté et la France, l'Allemagne et les États-Unis de l'autre est presque impossible à atteindre. Les relations de la Russie avec l’Europe sont au plus bas, et la suspension volontaire de l’hostilité envers Moscou pourrait ne pas être attirante pour l’administration Biden. En dehors des violations résiduelles du cessez-le-feu dans le Donbass, Kiev est dernièrement passée à un mode hostile à l'égard de Moscou. L’Ukraine s’est retirée en février des accords sur l’aviation civile et (...)
27 mars 2021
L '«agenda caché» de la guerre contre le terrorisme en Afghanistan est un secret de polichinelle. La première indication de son caractère géopolitique a été donnée lorsqu’ il est apparu que même après l'installation d'un régime pro-US à Kaboul en 2002-2003, le Pentagone n’avait aucune intention de quitter ses bases d'Asie centrale. Finalement, le soulèvement islamiste sanglant à Andijan, dans la vallée de Fergana, en mai 2005, a incité la Russie et la Chine à orchestrer un consensus de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) visant l'expulsion des États-Unis de ces bases. Néanmoins, lors des discussions publiques, la Russie et la Chine ont été réservées sur le sujet. Moscou a parfois rompu son silence ces dernières années pour exprimer son inquiétude face au transfert des combattants de l'État islamique d'Irak et de Syrie vers l'Afghanistan. La Russie a soulevé cette question devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Mais la Chine a largement gardé le silence. Aussi, le sujet (...)
20 mars 2021
Dans le roman La Ferme des Animaux de George Orwell, les porcs au pouvoir dirigés par Napoléon réécrivent constamment l’histoire afin de justifier et de renforcer leur propre pouvoir permanent. La réécriture par les puissances occidentales de l'histoire du conflit en cours en Syrie sort tout droit d'Orwell. La déclaration conjointe publiée par les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne et de l'Italie la semaine dernière pour marquer le dixième anniversaire du conflit syrien commence par un mensonge éhonté en tenant le président Bashar al-Assad et «ses soutiens» pour responsables de la événements horribles dans ce pays. Il affirme que les cinq puissances occidentales «n'abandonneront pas» le peuple syrien - jusqu'à ce (...)
27 février 2021
Dans une déclaration marquant le «retour» des États-Unis au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies mercredi (24/02), le secrétaire d'État Antony Blinken a révélé que l'administration Biden plaçait la démocratie et les droits de l'homme au centre de la politique étrangère américaine. [Voir également sur ce sujet ‘Blinken blinks on human rights’, comment Blinken cligne des yeux sur les ‘droits de l’homme’ en Israël et en Arabie Saoudite https://www.indianpunchline.com/blinken-blinks-on-human-rights/] Le chat est sorti du sac. Les États-Unis sont en déclin relatif et il y a une pénurie de ressources. Il y a une absence de vision positive pour l'humanité, alors que le pays se bat avec ses propres démons. Les événements dramatiques de la société et de la politique américaines dans un passé récent, ont vilainement exposé le pays comme une démocratie fictive, avec un bilan abominable en terme (...)
28 janvier 2021
Une délégation de haut niveau conduite par le mollah Abdul Ghani Baradar, le haut dirigeant des Taliban et son négociateur en chef lors des pourparlers de Doha, a tenu des consultations à Téhéran et à Moscou cette semaine du 26 au 29 janvier dans un climat d'incertitude croissante sur le processus de paix afghan. Un commentaire de Radio Free Europe - Radio Liberty, média financé par le gouvernement US, disait jeudi que « le sort de l'accord (entre les USA et les talibans) qui a bientôt un an est en jeu », alors que le gouvernement afghan dirigé par le président Ashraf Ghani est « désireux d'exploiter la fractures entre les talibans et Washington, et pousse à tout le moins à perturber l'accord (de Doha) ». RFE-RL ajoute: « Sentant une opportunité de faire avancer leurs intérêts, les responsables afghans font maintenant pression pour maintenir une force antiterroriste US au-delà de la deadline de mai pour le retrait complet. Biden préconise depuis longtemps le maintien d'une (...)
10 décembre 2020
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans un discours prononcé à Moscou le 8 décembre, a insisté sur les tentatives de l’Occident pour maintenir le modèle d’un ordre mondial unipolaire. Il a déclaré que le fantasme de l’Union européenne se voyant elle-même comme un pôle dans un système unipolaire était en train de se dissiper et a mis en garde contre les récentes politiques de l’Allemagne visant à préserver «ses prétentions à la direction totale» de l’UE. En effet, avec la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE et la France en proie à une crise intérieure, le moment est venu pour l’Allemagne d’assumer la direction de l’Europe. Un modèle déconcertant ici est le retour agressif de l'Allemagne au militarisme. Ily a à peine un mois, la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a appelé à une augmentation majeure des dépenses militaires malgré la pandémie de coronavirus. Le militarisme allemand dormait depuis des décennies. Pour rappel, la (...)
4 mai 2020
L’entente russo-chinoise est devenue l’un des modèles les plus importants de la politique internationale au cours des dernières années, depuis les événements de 2014 en Ukraine, qui ont eu des conséquences énormes et ont conduit à des sanctions occidentales contre Moscou, qui ont à leur tour galvanisé le « pivot vers l’Asie » de la Russie. Dernièrement, cette entente, qui ne constitue pas une alliance formelle, a pris de l’importance, étant donné le changement en cours dans les alignements régionaux et mondiaux déclenché par la pandémie de coronavirus. L’économie mondiale est confrontée à une récession et les États-Unis sont menacés par une crise sans précédent depuis la Grande Dépression des années 1930. Le nombre d’Américains qui demandent des allocations de chômage dépasse les 30 millions. Le déclin des États-Unis en tant que puissance mondiale s’accélère. Mais les États-Unis refusent de faire face à cette réalité géopolitique et sont déterminés à perpétuer leur domination (...)
21 novembre 2019
Il m’est arrivé une fois d’avoir une conversation animée avec le correspondant au Moyen-Orient d’un grand journal indien sur la résilience du système politique iranien. C’était en 2001. La conversation prenait place dans le contexte des manifestations de masse et des affrontements entre les extrémistes et les réformistes à l’occasion du 22ème anniversaire de la révolution islamique en Iran. Mon ami prédisait que le régime iranien était en train de s’effondrer sous le poids combiné des sanctions américaines et d’un régime répressif dysfonctionnel. Il rejetait sans façon mon opinion dissidente selon laquelle la stabilité du système iranien n’était pas mise en doute. Pour ce qui concerne l’Iran, tout dépend du prisme que vous avez en main. Si vous vivez à Dubaï ou visitez Israël trop souvent, vous avez une vision ; si vous vivez en Turquie, vous avez une perspective très différente. Les événements de ces derniers jours se sont intégrés dans ce schéma familier. Les manifestations ont été (...)
30 octobre 2019
Personne n’aurait imaginé que la décision prise il y a trois semaines par le Président américain Donald Trump de retirer toutes les troupes américaines de Syrie se transformerait en engagement militaire vigoureusement renouvelé dans ce pays. Les troupes américaines ont d’abord été envoyées en Irak, mais seulement pour retourner en Syrie avec des blindés lourds et des armes. Des plans sont en cours pour renforcer les déploiements.
10 octobre 2019
Le président américain Donald Trump n’est pas connu pour pratiquer le judo. Mais il est possible qu’il ait appris quelques techniques de son homologue russe Vladimir Poutine, ceinture noire. En effet, ce que Trump vient de faire au président turc Recep Tayyip Erdogan découle directement d’un concept physique utilisé en judo. Tirer parti de l’élan de son adversaire est une technique intelligente du judo. S’il vous charge et que vous restez planté sans rien faire, il vous renversera. Mais la vitesse qu’il gagne peut être simplement utilisée contre lui en le tirant vers le haut, ce qui le fera valser à la renverse. Vous pouvez ainsi économiser beaucoup de temps et d’énergie si vous tirez parti de l’élan de votre adversaire. Erdogan avait bruyamment menacé d’envahir la Syrie et de décimer les Kurdes syriens alignés sur l’armée US et installés dans les régions du nord limitrophes de la Turquie. Au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont tenté tour à tour d’apaiser Erdogan, de le cajoler ou même (...)
6 février 2018
Téhéran a commencé à souligner d’une voix forte et grave son inquiétude envers le fait que les États-Unis soit en train de transférer des combattants d’État islamique (EI) de Syrie et d’Irak, où ils ont été vaincus, vers l’Afghanistan.
11 septembre 2017
Les forces gouvernementales syriennes ont fait une percée sur la base aérienne de la ville orientale de Deir ez-Zor, assiégée par Daech depuis trois ans. A toutes fins utiles, les développements spectaculaires au cours du week-end dernier signifient la fin du conflit en Syrie. La capture de la ville de Deir ez-Zor est désormais une issue certaine et, avec elle, Daech va perdre son influence en Syrie. L’opération secrète menée la semaine dernière par les USA pour évacuer par hélicoptère [https://fr.sputniknews.com/international/201709071032951592-usa-syrie-daech-evacuation/] les commandants de Daech de Deir ez-Zor laisse supposer que le Pentagone accepte finalement que la saga de Daech prenne fin en (...)
14 février 2017
Le renseignement américain et le Pentagone ne sont pas favorables à l’idée que le président Donald Trump améliore les relations avec la Russie. Ils rejettent aussi l’idée de Trump selon laquelle l’OTAN est « obsolète ». La guerre d’Afghanistan confirme l’importance de l’OTAN.
23 décembre 2015
L'assassinat du héros de la guerre de résistance libanaise et chef du Hezbollah Samir Kuntar dans la ville de Damas ce dimanche [20 décembre] dans ce que l'on pense être un raid aérien israélien a eu lieu sous le nez russe. Pourtant, Moscou n'a pas éternué. Avez-vous jamais lu la fameuse énigme dans ce livre de Sherlock Holmes, "Silver Blaze", sur "l'incident curieux du chien pendant la nuit qui avait manqué d'aboyer"? L'ambivalence russe transparait dans la réaction neutre du porte-parole du Kremlin. [...] Il est certain que Moscou n'ignore pas la biographie du chef assassiné de la résistance libanaise. La RT, en fait, a présenté un sujet représentant assez fidèlement la froide logique derrière la décision israélienne d'éliminer Kuntar (impliquant une opération sur Damas, qui est protégé par les  fameux missiles S-400 russes, et aura sans aucun doute été approuvé par 'Bibi' en personne) Le chroniqueur a émis un vague avertissement à Israël: "Si un incident (...)
28 novembre 2015
La Turquie a peut-être réussi à saborder l'idée d'une coalition internationale sous les auspices des Nations Unies pour lutter contre l'État islamique (EI). Les entretiens de  vendredi à Moscou entre le président russe Vladimir Poutine et le président français François Hollande laissent une sinistre impression. Bien sûr, Hollande a transmis ses condoléances pour la mort du pilote russe mardi dernier. C'était un geste significatif, et il contrastait fortement avec la préférence du président étatsunien Barack Obama d’exprimer sa solidarité avec la Turquie. Hollande a ouvertement soutenu la volonté de la Russie de rompre le lien entre la Turquie et l'EI dans le commerce du pétrole. Il a plaidé pour faire ce que la Russie est justement en train de faire, à savoir bombarder sans relâche les convois de l'EI transportant du pétrole qui se dirigent vers la frontière turque. Les pourparlers à Moscou indiquent à nouveau que la Russie a l'intention de lancer une campagne soutenue (...)
4 octobre 2015
Ce que la France vient de faire est répréhensible pour une autre raison. Elle est un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a le droit de veto, et elle a violé l’intégrité territoriale d’un pays membre de l’ONU sans même prendre la peine de le consulter. Les interventions françaises à l’étranger sont dénuées de principes et de moralité. La Libye est le dernier exemple d’un pays qu’elle a envahi et détruit, ainsi que son gouvernement établi, et elle s’est ensuite tout simplement lavée les mains du chaos qu’elle a laissé derrière elle.
5 septembre 2014
La visite du Président américain Barack Obama à Tallinn, en Estonie, était parfaitement réglé. Il était en route pour le sommet de l'OTAN au Pays de Galles, programmé pour le lendemain, où le leitmotiv attendu était la crise en Ukraine et la perception de l'alliance que la Russie est un adversaire. Le plus important est qu'il se trouvait à portée du Kremlin. Comme l'on pouvait s'y attendre, la rhétorique du discours d'Obama à Tallinn était fleurie. Obama a fait une vaillante tentative d'imiter le célèbre discours de 1963 de John Kennedy « Ich bin ein Berliner » ["Je suis une boule de Berlin"]. Mais, alors même qu'il s'exprimait, l'information est tombée concernant un cessez-le-feu entre les forces du gouvernement ukrainien et les séparatistes de l'Est de l'Ukraine. Evidemment, on pouvait reconnaître aisément la main de Vladimir Poutine derrière ce développement. Une fois encore, Poutine a pris de court Obama. Le président américain a raté de peu son moment (...)
29 juillet 2014
Lorsque les historiens du futur auront à identifier le moment où l'ère de  l'après-guerre froide s'est transformée en nouvelle guerre froide, ils devront examiner de près cette semaine. L'administration Obama pavoise après avoir réussi, enfin, à rallier les principaux alliés européens des Etats-Unis - Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie - à sa stratégie concertée d'isoler la Russie de l'Europe et de lui imposer des sanctions douloureuses. Obama aurait pu faire un exaltant discours style rideau de fer cette semaine - mais bon, il y a ces gâchis en Libye, en Irak, en Syrie, en Afghanistan, etc., et l'abominable massacre dans la bande de Gaza qui a gâché sa réputation, et, puis, n'oubliez pas, c'est un Nobel, il n'est pas censé lancer un cri de guerre. Tout de même, la vidéo de la téléconférence d'Obama lundi avec ses homologues européens notifiant l'accord sur "les sanctions coordonnées contre la Russie" indique sans le moindre doute que l'ère de l'après-guerre (...)
24 juillet 2014
Le premier sur le terrain remporte la mise et une personne comme le président Barack Obama qui a grandi sous les tropiques d'Hawaï et d'Indonésie devrait le savoir bien mieux que son homologue russe, Vladimir Poutine de Leningrad. L'empressement avec lequel Obama s'est rué pour prendre très tôt la tête de la guerre de propagande sur l'Ukraine par rapport à Moscou donne presque l'impression qu'il espérait qu'une telle tragédie se produise. Jusqu'à présent, il n'a eu aucune conversation téléphonique avec Poutine - pas même pour établir certains faits avant toute chose. C'est tout le contraire pour la Chancelière allemande Angela Merkel et les deux chefs d'Etats les plus affectés par la tragédie de ce malheureux avion malais - le Premier ministre néerlandais Mark Rutt et le Premier ministre malais Najib Razak. En fait, Rutt a déjà discuté à deux reprises de cette tragédie avec Poutine et ils se sont mis d'accord sur la suggestion de ce dernier d'une ouvrir une « enquête indépendante et (...)
27 juin 2014
Un commentaire dans Xinhua à la mi-avril prévoyant que le différent entre les USA et la Russie sur l'Ukraine ne serait pas résolu "de sitôt" s'est avéré être prémonitoire. La déclaration du président Vladimir Poutine lundi dernier félicitant de l'annonce de cessez-le par Kiev pourrait et devrait avoir été perçu comme une tentative sérieuse de «désescalade» de la crise, mais Washington refuse de voir les choses de cette façon. De fait, Washington s'en est moqué. Le représentant permanent des États-Unis à l'ONU, Samantha Power a manifesté du dédain à propos de la déclaration Poutine lors de la discussion du Conseil de Sécurité mardi l'Ukraine, l'appelant par dérision "une petite rhétorique de réconciliation" qui n'était pas soutenue par des actions sur le terrain. (http://usun.state.gov/briefing/statements/228366.htm)  Deux jours plus tard, le secrétaire d'Etat John Kerry donnait (...)
25 juin 2014
Au cours des quatre jours qui ont suivi le dévoilement du plan d'action de Barack Obama, jeudi dernier, parlant d'envoyer en Irak un contingent de 300 conseillers militaires et soulignant que ce n'est pas une guerre des Etats-Unis, l'empreinte laissée par les Américains s'agrandit déjà. C'est le message qui ressort de la visite surprise effectuée lundi par le Secrétaire d'Etat John Kerry à Bagdad. Alors qu'Obama a fixé comme condition préalable à une plus grande implication militaire américaine en Irak que les politiciens irakiens agissent de concert sur la voie de la réconciliation entre les différentes sectes, Kerry est arrivé avec une version révisée, à savoir que Washington pourrait, après tout, ne pas attendre que les politiciens irakiens forment un nouveau gouvernement avant d'engager de nouvelles actions militaires. En outre, Kerry soutient qu'Obama et lui-même sont sur la même (...)
3 mai 2014
Les récits russes et américains sur l'Ukraine divergent de plus en plus jour après jour. Dans ses remarques jeudi à Minsk, le président Vladimir Poutine a frontalement fait porter aux États-Unis la responsabilité pour un «coup d'état» bâclé en Ukraine, dans laquelle on a inutilement associé la Russie alors que se développait le jeu des accusations, mais où Moscou se montre néanmoins raisonnable en offrant une voie de dialogue et de négociation. Presque au même moment est venu la plus forte des remarques attribuées au secrétaire d'Etat US John Kerry, qui a traité les Russes de "voyous" ["thugs"], et leur ministre des Affaires étrangères de "menteur", et a affirmé que Washington était en possession d'informations secrètes sur l'ingérence russe en Ukraine orientale. Selon Kerry, la seule lueur d'espoir réside dans une scission au sein de l'élite du Kremlin entre modérés et extrémistes (...)
30 avril 2014
Contrairement à des indications antérieures selon lesquelles la Russie riposterait avec des mesures « douloureuses» aux sanctions coordonnées de l'Occident, le président Vladimir Poutine a opté pour une réponse non conflictuelle. C'est ce qu'il a déclaré aux médias mardi [29 avril] à Minsk après la réunion au sommet du Conseil Économique Eurasien: " Le Gouvernement de la Fédération de Russie a déjà proposé quelques contre-mesures. Je ne vois pas la nécessité pour nous de prendre des contre-mesures, mais si ce genre de situation continue, bien sûr nous devrons commencer à regarder qui fait quoi en Russie dans les différents secteurs de notre économie, y compris le secteur de l'énergie. Nous n'avons vraiment pas envie de recourir à de genre de mesures, et j'espère que les choses n'en arriveront pas là. " Poutine admet que la première série de sanctions "va certainement nuire" aux relations de la Russie avec les Etats-Unis et l'Union européenne. Mais, comme pour le (...)
9 mars 2014
La Russie a de moins en moins d'autre choix que celui de «déclassifier» les informations privilégiées en sa possession concernant le fonctionnement des services secrets occidentaux qui ont forcé la prise de pouvoir à Kiev. Il est extraordinaire que la Russie ait remis au Conseil de sécurité de l'ONU cette information avec la demande d'ouvrir une enquête internationale impartiale. Bien sûr, une telle mesure pour une enquête impartiale sera bloquée par le veto des Etats-Unis. La Russie le sait bien, mais il y a aussi une guerre de l'information en cours sur la situation concernant l'Ukraine, et selon Moscou, alors que les tensions ne cessent de s’accroître, il devient impératif d'exposer la narration US des événements comme étant pure foutaise. Clairement, la Pologne et la Lituanie ne se seraient pas aventurées dans l'opération de former des extrémistes pour renverser Ianoukovitch sans obtenir le feu vert de Washington. C'est-à-dire que la Russie met sur la table de l'ONU des (...)
8 mars 2014
ashington n'est évidemment pas du tout intéressé à creuser la divulgation sensationnelle qu'il y avait une tentative orchestrée par des extrémistes ukrainiens pour prendre le pouvoir en Ukraine. L'argument de la Russie que ceux qui ont usurpé le pouvoir à Kiev n'ont pas de légitimité, est tombé dans l'oreille d'un sourd. Cela signifie effectivement que les échanges américano-russes sur l'Ukraine manquent de transparence. En fait, l'administration Obama a poursuivi sur sa lancée et a imposé des sanctions à la Russie. Ainsi a donc fait aussi l'Union européenne (sous la pression étatsunienne), malgré la divulgation des enregistrement téléphoniques dans lesquels la chef de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton, plaidait pour la dissimulation  de ce qui s’était passé réellement en Ukraine . La rupture de la confiance entre le président russe Vladimir Poutine et Obama aura des répercussions, ainsi que le montre la lecture du Kremlin de leur (...)
28 février 2014
  Les politiciens occidentaux, à commencer par le président US Barack Obama, se montrent particulièrement hypocrite en appelant la Russie à la "retenue". Une certains "retenue" de leur part aurait bien avoir évité la crise qui a commencé en Ukraine. L'Occident a fait une erreur grave en attisant le feu des manifestations avec des représentants des capitales européennes et des USA faisant l'aller-retour à Kiev pendant des semaines pour renforcer les protestations . Des protestations contre quoi? Pour l'essentiel, contre la décision du président Viktor Ianoukovitch de ne pas signer l'accord d'association avec l'Union européenne, parce que son pays était en faillite et avait besoin de 15 milliards de dollars de renflouement de la Russie. L'Occident a été confrontée au défi d'arriver au même niveau que le plan de sauvetage que la Russie avait mis sur la table. Mais l'Occident veut l'Ukraine à bon marché. Au lieu de relever le défi russe en faisant une contre-offre à (...)
13 décembre 2013
Il n'y a jamais eu de sérieux doutes que le sénateur John Mc Caïn allait manquer la soirée de gala de demain (dimanche) à Kiev - une mer de personnes issues des régions occidentales de l'Ukraine amenées à la capitale pour faire une sérieuse tentative de "révolution de couleur" alors que les gens des régions de l'Est mèneront une contre-manifestation contre la "révolution de couleur". Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin un face à face entre l'Occident et la Russie pourrait s'ensuivre, et Mc Caïn ne veut pas le manquer. Il a décollé des USA hier pour Kiev. Il est difficile de juger dans quelle mesure cette mission de Mc Cain a reçu l'aval tacite de l'administration Obama, mais des figures clés du Congrès américain soutiennent l'entreprise. Le magazine des Affaires étrangères a appelé à la démission du Président de l'Ukraine Viktor Ianoukovitch. Le vice-président Joe Biden a déclaré que l'avenir de l'Ukraine devrait être lié à l'Occident et non à la Russie, et, en (...)
12 décembre 2013
Le plus grave face à face entre l'Occident et la Russie dans la période post-soviétique est en train de se mettre en place . Tout le monde savait dans les deux dernières décennies qu'il y en aurait un - et que la question de l'Ukraine serait finalement le point où les rapport "chat et souris" entre l'Occident et la Russie de l'ère de l' après-guerre froide cèderait la place à la confrontation. Pour le dire simplement : si l'Ukraine tombe dans l'orbite du monde occidental , la capacité de la Russie à se défendre contre la pression américaine s'affaiblit, tandis que , si l'Ukraine adhère à la Communauté économique eurasienne, la stratégie des Etats-Unis à encercler la Russie tombe en ruine . C'est vraiment aussi simple que cela en termes géopolitiques. Il est tout à fait évident que les enjeux sont importants pour les deux parties , et l'Occident intensifie la pression pour un changement de régime à Kiev pour que le président Viktor Ianoukovitch soit remplacé par un homme politique (...)
12 décembre 2013
Le journaliste d’investigation américain bien connu Seymour Hersh a creusé et creusé pour découvrir la vérité sur ce qui s’est réellement passé dans ces jours fatidiques d’août-septembre, lorsque le président Barack Obama a été sur le point d’ordonner une frappe militaire contre la Syrie, au prétexte de la prétendue attaque aux armes chimiques par le régime syrien dans la banlieue de Damas . Hersh a rassemblé le résultat de ses recherches dans un remarquable essai intitulé « Le sarin de qui ? » qui fait la couverture du dernier numéro de la London Review of Books. Sa lecture provoque un choc ; l'équipe de la Maison Blanche d'Obama apparaît comme un tas de escrocs qui ont délibérément falsifié les renseignements disponibles pour justifier l'affirmation du président que Bachar Al-Assad avait ordonné l'attaque chimique . Lorsqu'Obama a prononcé son fameux discours télévisé nous  persuadant tous que le régime Assad avait effectivement lancé une attaque à (...)
6 novembre 2012
Le président russe, Vladimir Putin, continue à susciter l’hostilité de l’Occident. En tous cas, le reportage de Reuters* réalisé par un "spécialiste de la Russie" londonien que je viens juste de lire est très sombre. Rien ne semble aller bien en Russie. Et c’est la faute de Poutine. Lors d’une récente visite à Moscou et Saint Pétersbourg, j’ai entendu encore et encore les mêmes arguments dans la bouche de nombreux intellectuels russes. En fait, le reporter anglais émérite de Reuters qui a voyagé avec moi semble avoir basé son reportage sur ses conversations avec les intellectuels que nous avons tous deux rencontrés. Putin est-il vraiment un désastre total qui mène inexorablement son pays vers la catastrophe et la destruction ? C’est ce qu’on nous dit depuis la fin de l’ère soviétique. Vous vous souvenez lorsque Madeleine Albright, l’ancienne Secrétaire d’Etat étasunienne, a exprimé sa surprise qu’on puisse tolérer qu’un seul pays détienne toutes ces richesses (...)
4 avril 2012
On n'espérait guère que la réunion des "Amis de la Syrie" tenue le "jour des Fous" [Fool's Day = 1er Avril] en Turquie, produise des résultats significatifs pour l'avancement de l'agenda du changement de régime en Syrie. Le pays hôte a essayé très péniblement de tirer un lapin du chapeau. Mais le spectacle sur le Bosphore n'a tiré du chapeau qu'un seul gagnant- les USA. La Secrétaire d’État étatsunienne Hillary Clinton est reparti en riant. Les choses se sont enlisées sur plusieurs points. L'opposition syrienne continue à être un assemblage disparate. Le régime du président Bachar al-Assad ne montre aucun signe de fatigue et bénéficie du solide soutien de l'armée et de l'administration. Il prend de la hauteur politique et diplomatique en annonçant sa coopération avec le plan en six points de l'ancien Secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, tout en changeant par la force la situation au sol en sa faveur. Il y a désaccord entre les puissances extérieures. Le (...)
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