Alerte Otan n° 98
1er trimestre 2026
Monsieur Otan (2014-2024)

Ce n'est pas du Churchill. On rangera le bouquin de Jens Stoltenberg sur son temps à la tête de l'OTAN (2021 à 2024) parmi les éphémères "têtes de gondole" que nos excellences politiques ont coutume d'amonceler sur les étals pour se raconter, rarement avec quelque verve. On peut néanmoins en tirer quelques observations critiques à la lecture de la recension de l'édition en langue anglaise (en français, Vigie du monde: À la tête de l'OTAN en temps de guerre, chez Flammarion, 2025), due au professeur Patrick Porter de la section Sécurité internationale de l'université de Birmingham et parue dans le Literary Review de décembre 2025-janvier 2026.

Passons sur le fait que Stoltenberg est un politicien de carrière (député puis Premier ministre norvégien, social-démocrate) et qu'il n'a vécu, durant son mandat à l'OTAN, que la première présidence Trump (2017-2021). Passons aussi, mais un peu moins, sur son penchant, dixit Porter, pour "une théologie libérale irréfléchie avec son catéchisme habituel concernant un «ordre international basé sur les règles": cela cadre un peu notre homme.

Sans surprise, Stoltenberg plaide pour un rôle prédominant inchangé des États-Unis à la tête de l'OTAN, ainsi que sur une adhésion de l'Ukraine à l'Alliance (avec pour résoudre le conflit armé une formule de finlandisation du pays). Plus candide, voire naïve, est sa vision d'une OTAN homogène et unanimement prête à "aller mourir pour l'Estonie ou la Roumanie", éventualité fort peu probable d'autant que "l'un pour tous, tous pour l'un" de l'article 5 du Traité - vanté comme au cœur de l'Alliance par Stoltenberg - n'engage en réalité pas à grand chose.

Stoltenberg présente son livre comme "une lettre d'amour". Porter botte en touche: "Très juste. L'amour est aveugle."

 

Erik Rydberg
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