![]() Bart De Wever illustré en ‘Une’ du Global Times chinois |
Il y a quatre ans la Russie lançait son opération militaire sur l’Ukraine, et nous étions tous sommés de condamner sans réserve cette ‘agression non provoquée’. Honte à qui se risquait d’évoquer le rôle de l’OTAN dans la préparation et l’éclatement de ce conflit, aussitôt accusé d’être un ‘agent de Poutine’.
L’année suivante le monde assistait au génocide en Palestine, filmé, documenté, et qui continue jusqu’aujourd’hui, dans le silence, l’indifférence et la complicité directe de l’Union européenne. En juin 2025, les dirigeants européens applaudissaient les bombardements de l’Iran par Israël et les États-Unis, « Israël fait le sale boulot pour nous » déclare le chancelier allemand Merz. Le 3 janvier de cette année, le bombardement du Venezuela et le kidnapping de son président ne soulève pas la moindre condamnation de la part de ces mêmes dirigeants, tous mettant plutôt en avant ‘la démocratie’ imaginairement retrouvée qu’aurait permis l’agression étasunienne, à l’instar de notre ministre des Affaires étrangères : « Maduro doit être tenu responsable de ses actes » ! Tous bien alignés derrière l’allié qui déclare ouvertement que « le Venezuela, son pétrole, ses actifs, ses terres sont à nous ».
C’est seulement lorsque Trump fait mine de vouloir leur administrer la même médecine que les alliés de l’OTAN se mettent à protester. Le désarroi exprimé dans le message privé de Macron à Trump est significatif : « Nous sommes tout à fait d'accord sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses sur l'Iran. Je ne comprends pas ce que vous faites sur le Groenland ». Pas de problème pour aller taper sur « les autres »...
L’UE est en train de participer activement à l’asphyxie économique de l’Iran et à la préparation médiatique d’une nouvelle agression. Aucun souci avec l’évidente violation du droit international que sont les blocus militaires criminels du Venezuela et de Cuba.
Mais il nous faut croire que l’UE soutient l’Ukraine pour de pures raisons de légalité internationale et de préoccupation humanitaire...
Des centaines de milliards ont été déversés pour alimenter la guerre en Ukraine, milliards ponctionnés in fine sur notre sécurité sociale. La militarisation délirante d’une OTAN déjà surarmée, nous amène au bord d’un abîme encore plus vertigineux.
Quatre ans plus tard, ce conflit apparaît de plus en plus comme un des jalons, avec la Syrie, le Venezuela, l’Iran, d’une confrontation plus vaste entre l’Occident et le reste du monde, confrontation dont l’enjeu fondamental est la survie de l’hégémonie occidentale sur le monde. Les contradictions entre ‘alliés’ peuvent exister, mais réunis sous la coupole de l’OTAN, ils s’entendront toujours sur ce point aux dépends du reste du monde.
Nous sommes à la croisée des chemins : prendrons-nous enfin conscience de la nature réelle de chacune de ces guerres impérialistes, ou continuerons-nous à nous laisser entraîner, de guerre en guerre, vers un nouveau, et ultime, conflit mondial ?