Alerte Otan n° 100
3ème trimestre 2026
 
Une histoire de deux villes

Istanbul

Grâce au généreux soutien de nos camarades belges, mon ami Yves et moi-même nous sommes rendus à Istanbul pour le Sommet international anti-impérialiste pour la paix organisé par le Parti des Travailleurs turcs (PIT), le 4 juillet 2026. Ce sommet était programmé pour coïncider avec le sommet de l’OTAN de 2026 à Ankara.

Si l’État turc a autorisé la tenue du sommet de la paix à Istanbul, cela ne s’est pas fait sans ingérence et, bien sûr, alors que plus de 200 citoyens avaient été emprisonnés à Ankara deux semaines avant l’arrivée des dignitaires occidentaux. Parmi les militants et invités européens venus à Istanbul, nos deux camarades belges de Vrede ont été interrogés pendant plusieurs heures avant d’être autorisés à quitter l’aéroport. Cinq Européens issus de différentes organisations ont été placés en détention à leur arrivée, puis renvoyés dans leur pays. Certains d’entre eux devaient prendre la parole lors du sommet.

Le sommet s’est déroulé de manière exemplaire. De très nombreux discours ont été prononcés dans diverses langues avec traduction simultanée. Il était stimulant d’entendre différentes idées et histoires provenant de nombreuses villes et de nombreux pays du monde entier. Il régnait une continuité inspirante entre les personnes et les réseaux, avec un fil conducteur humaniste sous-tendant une critique des structures de pouvoir capitalistes qui alimentent le disfonctionnement démocratique, la corruption, le militarisme keynésien, le mépris de l’environnement et des approches inadaptées face à l’avenir. Bien entendu, le colonialisme, l’impérialisme et la guerre ont été constamment évoqués pour être dénoncés. Des avenirs empreints de justice, d’équité, d’égalité, de partage, de respect de l’environnement, de paix et d’une conscience politique organisée rendant cela possible ont été décrits et défendus.

Le dimanche suivant le sommet, une grande marche contre l’OTAN et pour la paix a été organisée. Plus de 20 partis de gauche ont défilé les uns après les autres, aux côtés des quelque 1 000 membres du TIP qui représentaient environ la moitié du nombre total de participants ayant rejoint la place centrale. Des discours y ont été prononcés et filmés au milieu de la foule nombreuse. Plusieurs camarades étrangers (dont moi-même) ont prononcé des discours traduits simultanément en turc pour le public et diffusés en ligne. La manifestation avait été autorisée - au milieu d’une forte présence policière. La veille au soir, une centaine de militants et de personnalités avaient été emprisonnés afin d’affaiblir l’événement et de rappeler à tous qui détient le pouvoir.

La documentation du sommet, y compris la déclaration finale est disponible sur le site de l’événement « A budget for peace, not war » : https://notonato2026.org/en.

Chicago

Moins de deux semaines plus tard, j’étais à Chicago et j’ai participé à une manifestation contre la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Elle était prévue devant la Trump Tower de Chicago, mais là la police l’a interdite. Déplacée de l’autre côté de la rue, elle a de nouveau été interdite.

Au cours des altercations qui ont suivi entre la police et les organisateurs, un responsable d’une association organisatrice a été arrêté et emmené en prison. La manifestation s’est déplacée dans la rue, sur le côté de la Trump Tower, et de nombreux discours ont été prononcés devant un petit groupe de citoyens.

Photos de panneaux et affiches manifestant l’opposition à la guerre d’habitants de Chicago:

Bud Blumenthal
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