Alerte Otan n° 100
3ème trimestre 2026
 
La propagande russophobe bat son plein

Le Sommet de l’OTAN 2026, qui s’est tenu à Ankara en juillet, s’est consacré essentiellement à organiser et justifier les dépenses de billions de dollars et d’euros, pour le renforcement du « Front Est du territoire de l’Alliance Atlantique ». Ce "renforcement" ne signifie pas seulement "un soutien" mais une participation militaire directe de plus en plus importante des pays de l’OTAN dans la guerre contre la Russie en Ukraine.

En Belgique, le programme de préparation de guerre du gouvernement Arizona, mis en œuvre par le ministre de la Défense Franken suit à 100% les directives otaniennes. Pour préparer les populations à supporter ces dépenses faramineuses, l’OTAN a aussi besoin de mener sa propagande de guerre, susciter et entretenir la russophobie pour convaincre que la Russie est l’ennemi à abattre. La « Déclaration finale » du Sommet OTAN de juillet 2026 en est un exemple de plus.

Sur le site officiel de l’OTAN, on peut accéder à une série de "Mises au Point" destinées à fabriquer cette russophobie :

« La guerre d’agression illégale menée par la Russie contre l’Ukraine a fait voler en éclats la paix et la stabilité en Europe et nuit gravement à la sécurité internationale. Dans son concept stratégique, adopté en 2022, l’OTAN définit la Russie comme la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des Alliés, ainsi que pour la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique. (…) Par la coercition, la subversion, l’agression et l’annexion, la Russie tente d’exercer un contrôle direct sur d’autres pays et d’établir des sphères d’influence. Elle emploie des moyens conventionnels, cyber ou hybrides – y compris la désinformation – contre les Alliés et contre les partenaires. (...) L’Alliance continuera de répondre de façon concertée et responsable aux menaces et aux actes de ce pays. Nous nous employons à renforcer notre posture de dissuasion et de défense, à soutenir nos partenaires et à consolider notre résilience. Et pour ce faire, il nous faut notamment dénoncer les agissements de la Russie et combattre la désinformation ».

La plupart des media en Belgique collaborent, eux aussi, à cette désinformation systématique. Il n’existerait que la Russie de Poutine, il n’y aurait pas de gouvernement, mais « un régime », il n’y aurait pas de démocratie, c’est la Russie qui envahit l’Ukraine, c’est Poutine qui veut attaquer l’Europe, etc.

Récemment le journal Le Soir consacrait son éditorial et deux pages entières au reportage de sa correspondante à Moscou sur ses « 5 années de correspondance », de 2021 à 2026. D’emblée elle fait le « constat » que « la Russie est un pays comme aucun autre, qu’aucun media indépendant russe n’est plus autorisé sur le territoire, que le pouvoir russe croyait pouvoir faire une "opération spéciale" rapidement gagnée et s’est maintenant engagé dans la guerre la plus longue, la plus violente et dévastatrice sur le continent européen ». C’est déjà une interprétation bien erronée de « l’Opération Militaire Spéciale ». Ensuite, c’est effacer et ignorer tout ce qui se passe du « bon côté de l’histoire » : l’interdiction par l’UE des médias russes RT (ex-Russia Today), Sputnik et d’autres, c’est ignorer la très violente guerre de l’OTAN en Europe contre la Yougoslavie, et les centaines de sanctions UE actuelles contre la Russie, oublier que de ce côté-ci on peut aller en prison quand on colle une affiche disant : « la Russie n’est pas notre ennemie » , que les journalistes et autres activistes font constamment de l’autocensure dans leurs articles, les tracts, etc.

L’éditorial du Soir de ce jour-là s’intitulait : « Du danger de raconter la Russie de Poutine » et poursuivait : « comment raconter la Russie de Poutine quand tout propos qui n’épouse pas à 100% la ligne du régime peut valoir la prison, ou pire ? Aucune voix discordante n’a donc plus sa place dans l’espace public russe »,

Encore dans Le Soir, un autre grand article de deux pages est consacré à la montée des extrêmes-droites dans le monde et leurs possibilités d’accéder au pouvoir. Et qu’y voit-on ? La photo de Poutine et un texte intitulé : « des législatives sans suspense, mais symboliques » et un commentaire : « la plupart des opposants au président Vladimir Poutine sont emprisonnés, en exil, ou morts ». Et dans le texte : « alors que le parti Iabloko, seule formation antiguerre, connaissait un regain d’intérêt, le pouvoir a rapidement freiné sa progression en l’excluant et emprisonnant plusieurs de ses personnalités ».

Et toujours dans le même journal, un correspondant à Berlin titre son article : « Un nid d’espions russes au centre de Berlin ? ». Il y est question du Centre Culturel Russe de Berlin, accusé par des membres de l’opposition au Parlement d’être un centre de propagande et un refuge d’agents secrets. Cette Maison de Russie serait utilisée comme une couverture par les services de renseignements russes et certains députés estiment qu’il est urgent de la fermer.

Ces partis pris profondément anti-« pouvoir russe » parcourent tous les media, ils créent beaucoup de confusion et alimentent la russophobie qui imprègne déjà fortement notre société.

Comment lutter contre tout cela ? En démontant tous les mensonges distillés par le site OTAN officiel ; en organisant nous-mêmes une Culture de la Paix et la coopération avec la Russie. Il ne s’agit pas de la « Russie de Poutine », mais de la Russie des 160 nationalités qui la composent, de la Russie héritière de l’Union Soviétique, du peuple qui a vaincu le nazisme en 1945, celle qui se bat aujourd’hui contre la résurgence du fascisme, au travers de l’intervention militaire en Ukraine. Comme l’ont crié et écrit sur de nombreuses banderoles les manifestants de Bruxelles et de Londres en juin : NON À L’OTAN ! NON À LA GUERRE ! STOP MILITARISATION !

 

Claudine Pôlet
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