15 août 2026
En mars 2000, juste une année après le déclenchement de l’agression de l’OTAN sur la Yougoslavie appelée "guerre du Kosovo", le tout jeune Comité de Surveillance OTAN imprimait un modeste "Alerte OTAN n°1" de quatre pages.
C’est clair, en mars 2000, on aurait préféré qu’il n’y ait jamais d’Alerte OTAN n° 100, on aurait aimé avoir été "hors-sujet" bien avant cela. Mais non : l’OTAN est plus que jamais une menace pour la paix globale, et son ombre s’est étendue bien au-delà de la "zone atlantique nord".
La situation mondiale, ce n’est pas 26 ans en arrière à laquelle elle nous ramène, mais plus de 100 ans. Le bruit des bottes se fait entendre de manière de plus en plus assourdissante, le "sacrifice de ses enfants pour la patrie" est redevenue tendance en Europe ; les outrances délirantes de la propagande de guerre russophobe n’auraient pas dépareillé dans la presse de Goebbels.
Quant au chef de la première puissance militaire mondiale incontestée, notre grand "allié" au sein de l’OTAN, lui, c’est plutôt au 19e siècle qu’il se réfère directement - le bon vieux temps de la piraterie et des massacres sans s’encombrer de ce si ennuyeux concepts de Droit international. La période de la colonisation sauvage et du génocide des Amérindiens, Israël, l’allié privilégié de l’OTAN au Moyen-Orient la reproduit sans détour, assurés de l’impunité et du soutien inconditionnel du monde atlantique, quoi qu’il fasse, aussi ouvertement qu’il le fasse.
Dans l’édito du premier numéro, Marcel Poznanski écrivait déjà : « L'OTAN pousse à la hausse les budgets militaires de la Belgique et de ses 18 autres membres. » - on est en 2.000... - « L'extension vers l'est de la zone OTAN, notamment sous couvert du "Partenariat pour la paix", présage d’une volonté de resserrer l'étau autour de la Russie. ». On y est. L’étau a été serré comme il faut.
La guerre du Kosovo, qui a donné naissance à notre Comité, a représenté le coup d’envoi, le modèle des guerres qui allaient venir. Sous les masques interchangeables d’humanitaire, de lutte contre le terrorisme, ou, comble d’ironie, de défense du Droit international, c’est uniquement la prétention désespérée d’une partie du monde à imposer par la force son hégémonie de plus en plus vacillante qui a été le moteur central de toutes ces guerres, où l’OTAN intervient plus ou moins ouvertement, de l’invasion de l’Afghanistan à l’agression actuelle de l’Iran - jusqu’à cette guerre prétendument "de la Russie contre l’Ukraine", mais réellement déjà, et de plus en plus manifestement, "de l’OTAN contre la Russie".
Ce premier numéro fustigeait la passivité, la mise dos-à-dos, voire l’approbation plus ou moins tacite de la quasi-totalité du mouvement pacifiste face à l’agression de la Yougoslavie. Au moins cela, 26 ans plus tard, nous ne l’écririons plus: aujourd’hui les immenses mobilisations et manifestations à travers toute l’Europe montrent qu’une partie de plus en plus importante de la population s’élève contre leurs guerres, et font converger les luttes des mouvements de la paix, des syndicats, des étudiants, du personnel de santé, des travailleurs de tous les secteurs attaqués par la militarisation.