OTAN-RUSSIE : Qui menace qui ?


10 septembre 2026

Les grands médias nous abreuvent quotidiennement de déclarations d’hommes politiques, haut-gradés militaires et experts de tout acabit, nous avertissant que la Russie se prépare à attaquer des pays européens dans un avenir de plus en plus proche : 2030, 2029 ou encore plus tôt. Tout récemment, une évaluation de responsables anonymes de services de renseignement étatsuniens « fuitait » opportunément dans la presse, prédisant une attaque russe contre un pays membre de l’OTAN, peut-être dès cet automne.

Dans le même temps, les mêmes médias nous répètent que les troupes russes sont enlisées au Donbas, progressant de quelques km² par mois, quand elles ne perdent pas du terrain. Pourtant, aucun d’entre eux ne nous explique comment, dans ces circonstances, Moscou aurait la capacité d’envahir les pays baltes, la Pologne, voire l’Allemagne, alors que le Kremlin n’a cessé de démentir toute intention en ce sens.

Dans le camp occidental, quelques voix tentent de démonter l’absurdité de l’épouvantail de la « menace russe ». Mais ces voix sont systématiquement passées sous silence par les grands médias.

Dès lors, on peut s’interroger sur les motifs de la persistance de ces discours alarmistes et anxiogènes. Ils servent bien entendu à justifier l’augmentation exponentielle des budgets militaires des pays de l’OTAN et les achats massifs d’armement, principalement aux États-Unis. Des armes qui, dans le meilleur des cas, ne seront jamais utilisées et n’auront servi qu’à ruiner la sécurité sociale et justifier mille et une mesures d’austérité décidées par nos gouvernants.

Cette « politique de la peur et du mensonge », dénoncée par l’ancien ministre belge de la Défense, André Flahaut, pourrait également préparer les esprits à une « guerre préventive » de l’OTAN contre la Russie. C’est ce que suggère l’amiral italien Cavo Dragone, président du Comité militaire de l'OTAN, ou encore le ministre lituanien des Affaires étrangères pour qui l’OTAN pourrait facilement « neutraliser la petite forteresse » de Kaliningrad sur la mer Baltique. Si l’on ajoute à cela l’extension de l’OTAN aux frontières russes et les centaines de milliards dépensés en soutien aux forces armées de Kiev, on peut logiquement se demander si ce n’est pas l’OTAN qui, sans attendre la fin du conflit ukrainien, cherche un prétexte pour frapper la Russie et lui infliger la « défaite stratégique » dont rêvent les dirigeants atlantistes.

« C’est l’OTAN qui est allée aux portes de la Russie, et non l’inverse » reconnaissait récemment André Flahaut : l’espoir vient de toutes ces voix, syndicales, pacifistes, de lutte contre le changement climatique, anti-guerres, de diverses orientations politiques ou religieuses qui s’élèvent de plus en plus fort et cherchent à converger pour s’opposer à la folie de la guerre que l’OTAN préparé très concrètement, cachée sous le faux nez de « la menace russe ».