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Soixantième anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki (5e partie)

Pierre Piérart
3 août 2005

Août. Les évènements du mois d'août démontrent clairement que Hiroshima et Nagasaki n'ont contribué que partiellement à la fin de la guerre (le Japon est à bout de souffle et a déjà entamé des démarches pour capituler) et que Truman, pressé de mettre fin aux hostilités a accepté une capitulation explicitement inconditionnelle avec, cependant, la reconnaissance implicite du maintien de la monarchie impériale. Contrairement à ce qui est dit dans les manuels d'histoire et dans les médias, Hiroshima et Nagasaki n'auraient épargné « que » 25 à 50.000 morts de soldats américains selon les rapports les plus sérieux de différents conseillers militaires américains. Il faut rappeler que la terrible bataille d'Okinawa, du 1er avril au 26 juin, provoquera la mort de 12.500 soldats américains et 37.000 blessés.

Pour conclure, l'holocauste d'Hiroshima et de Nagasaki a été perpétré pour utiliser un engin qui avait coûté les yeux de la tête et pour mettre fin à la guerre très rapidement, afin d'arrêter l'URSS dans son expansion en Extrême Orient. La bombe destinée à dissuader les nazis a finalement été utilisée pour contenir l'avancée du communisme.

Aujourd'hui, soixante ans après, le concept de dissuasion nucléaire reste bien présent. Il est dirigé contre une foule d'ennemis imaginaires y compris le Tiers Monde et le terrorisme.

Il permet le maintien du lobby militaro-industriel qui emploie encore des millions de chercheurs, d'ingénieurs, de techniciens et d'ouvriers aux Etats-Unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en France , en Chine, en Israël, en Inde, au Pakistan et en Corée du Nord. C'est une arme diplomatique et de prestige qui exerce un quasi esclavage sur les pays non-détenteurs. La dissuasion nucléaire, qui conduit nécessairement à l'emploi de l'arme atomique, est une véritable escroquerie sociale. « La dissuasion et la course aux armements mènent à des programmes intensifs de recherches scientifiques en vue de fabriquer des armes nouvelles », nous dit Bert Roling et il ajoute :"Les cercles militaires et les cercles de l'industrie des armements s'associent pour former un groupe de pression qui se fait l'avocat de programmes d'armement toujours plus ambitieux ». Il rejoint par ces paroles l'avertissement lancé par Eisenhower sur les dangers du complexe militaro-industriel. Après la Seconde Guerre mondiale, celui-ci avait parfaitement pris conscience du danger de l'arme nucléaire, facteur essentiel de déstabilisation et de menace pour la paix.

2 août. Truman, pressé de rentrer, s'embarque sur l'Augusta à Plymouth. Le 509ème Composite Group est mis en état d'alerte ; 3 avions sont prévus pour une mission de bombardement avec largage d'appareils et prises de photos.

5 août. Truman incite Tchang Kaï Chek à faire traîner les négociations préalables à l'entrée en guerre de l'URSS contre le Japon.

6 août. L'Enola Gay largue la bombe à l'uranium (Little Boy) sur Hiroshima à 8h15. Toute la ville brûle. Il y aura 145.000 morts à la fin de 1945. Hiroshima est devenue un désert avec, au centre, un cercle mortel d'environ 1.000 mètres de diamètre où tout a été carbonisé et calciné et où le taux de mortalité dépassait 90 %.

7 août. Staline et Antonov signent l'ordre pour l'Armée rouge d'attaquer les forces japonaises en Mandchourie. Truman rentre à la Maison Blanche.

8 août. Déclaration de guerre de l'URSS au Japon.

9 août. Explosion de la deuxième bombe atomique, Fat Man, à Nagasaki à 12H02. Bombe au plutonium qui fera 70.000 morts à la fin de 1945. Suzuki déclare qu'il faut accepter l'ultimatum de Potsdam . Hiro-Hito prend la décision de mettre un terme à la guerre. Attaque soviétique en Mandchourie à 00h10 (6h10 du soir le 8 août à Moscou) avec 1,5 millions d'hommes. Dans son discours à la Nation Truman déclare : « La bombe atomique est trop dangereuse pour être abandonnée à un monde sans lois. Nous devons nous organiser nous-mêmes pour administrer cette nouvelle force ». Les propositions de Stimson d'échanger avec d'autres pays des informations sur l'énergie nucléaire, sous contrôle international, sont rejetées.

10 août. Le Japon demande l'armistice par le voie diplomatique suisse et suédoise. L'empereur accepte la déclaration de Potsdam avec maintien du régime monarchique.

11 août. Les Etats-Unis exigent une capitulation explicitement inconditionnelle avec reconnaissance implicite de l'empereur.

14 août. Bombardement de Honshu par 800 B-29 avant que le message de capitulation ne soit arrivé par la voie diplomatique à la Maison Blanche (Truman, impatient de mettre fin à la guerre, continue à utiliser le bombardement conventionnel). L'URSS signe un traité avec la Chine, reconnaissant l'indépendance de la Mongolie extérieure. Capitulation officielle du Japon.

15 août. Le Japon accepte les conditions imposées par les alliés. Déclaration radiodiffusée de l'empereur Hiro-Hito.

16 août. Discours de Winston Churchill aux communes. Selon l'ancien Premier, la bombe a sauvé la vie à un million d'Américains et à 250.000 Anglais (alors que les Américains ont perdu 300.000 hommes pendant toute la guerre sur les front européen et du Pacifique). Staline demande à Truman de pouvoir occuper le Nord de l'île d'Hokkaido. Refus de Truman le 18 août.

Après avoir refusé aux Russes d'occuper la moitié Nord de l'île d'Hokkaido Truman peut annoncer à la presse que le Japon ne serait pas divisé en zones d'occupation.

19 août. Le général Yamada signe l'acte de reddition en Mandchourie où la guerre s'est prolongée au-delà du 16 août. L'armée rouge a progressé jusqu'au Sud de la péninsule de Liaotung, le Nord de la Corée, le Sud de l'île de Sakhaline et la plupart des îles Kouriles.

20 août. Reddition de l'armée japonaise, 500.000 militaires, en Mandchourie. Le comité de la défense nationale de l'URSS prend un décret en vue de réaliser le programme de la bombe atomique. Kurchatov devient le directeur scientifique du projet.

22 août. Entretiens entre Truman et de Gaulle à Washington jusqu'au 25 août. La France doit s'incliner au sujet du statut de la Ruhr. Transfert du général allemand Gehlen aux Etats-Unis pour collaborer avec les services américains.

23 août. Les Soviétiques entrent à Port-Arthur qui sera cédé à la Chine en 1954 et qui prendra le nom de Liuchouen.

24 août. Harry Truman met fin au prêt-bail qui a coûté 48,5 milliards de dollars.

28 août. Les troupes américaines débarquent au Japon sous le commandement du général G. Marshall. Les Soviétiques débarquent à Sakhaline.

A suivre ...

Pierre Piérart
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