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« L’Otan n’a jamais été une menace pour la Russie »

Roland Marounek
1 avril 2022


« Phrases et bases », caricature de l’époque soviétique stigmatisant les discours de paix officiels, tandis que méthodiquement l’armée US (bientôt ‘de l’Otan’) disposait ses bases militaires en Europe Occidentale.

L’information a remis son impeccable costume kaki : les choses sont simples, à nouveau il s’agit du Bien contre le Mal ; chercher à nuancer vous rend suspect d’intelligence avec l’ennemi ; le déclenchement de la guerre vient de nulle part : comme dans un comics trip US, on a simplement un dictateur dément qui envahit son voisin, pour ses rêves de puissance, ou son désir maladif de revanche,  ou autres ‘raisons’ de nature purement psychologique.

Le Secétaire Général de l’Otan, et derrière lui tous nos responsables politiques, récite que « l’Otan est une alliance  pacifique ». L’extension  continue de l’Otan  vers la Russie, la persistance même de l’Alliance après la disparition du Pacte de Varsovie, sa raison d’être jusque-là, c’est balayé d’un revers de la main : « L’OTAN n’a jamais été une menace pour la Russie », comme le répétait notre Premier Ministre[i].

L’Ukraine n’est punie que pour avoir voulu un avenir radieux au sein de l’Otan qui, comme chacun  sait, n’existe que pour apporter paix, démocratie et prospérité, le package complet des « valeurs chères aux sociétés libres et ouvertes » – comme peuvent en témoigner les Serbes, les Libyens ou les Afghans.

La présence directement aux portes occidentales de la Russie, au cœur même de l’ancienne puissance cible, de l’alliance militaire la plus puissante de l’histoire de l’humanité, ne devrait donc provoquer aucune inquiétude pour les Russes ...

Cela ressemble à une grossière plaisanterie. Comme si dans une réalité parallèle quelqu’un aurait prétendu sans sourciller que l’installation  du Pacte de Varsovie – disons, dans une Californie devenue indépendante par les aléas de l’histoire, ne poserait aucun problème existentiel à ce qui resterait des Etats-Unis.

La « prise » de l’Ukraine dans l’Otan est pourtant décrite depuis longtemps comme un objectif militaire fondamental. Dès les années 90 Zbigniew Brzezinski, le conseiller états-unien favori des présidents démocrates, décrivait l’Ukraine comme l’enjeu essentiel pour affaiblir la Russie. Son livre Le Grand Echiquier expliquant ce que devraient faire les Etats-Unis pour conserver leur leadership sur le long terme est prophétique à plus d’un titre. Si on ne voit pas cet échiquier sur lequel nos peuples sont les pions, on pourra encore longuement disserter sur les valeurs chères aux sociétés libres et ouvertes.

Et les Etats-Unis ont donc effectivement investi massivement pour tenter d’amener l’enjeu essentiel dans l’orbite de l’Otan. Les financements de l’opposition via les ONG de ‘promotion de la démocratie’ couvertures de la CIA, avaient dépassé officiellement les 5 milliards de dollars en 2014.

Après une première révolution de couleur en 2005 dont les résultats ont été décevants, l’Occident a ouvertement soutenu un coup d’état, qu’on a appelé ici  « révolution pro-européenne », où on a vu un président légitimement élu renversé avec l’aide décisive des groupes paramilitaires néo-nazis : il ne fallait  pas faire trop la fine bouche pour arriver à faire de l’Ukraine un outil dans la confrontation latente globale de l’Otan contre la Russie.

Le « récupération » de la Crimée, ou son « invasion » selon le point de vue, a évité la perte de la base militaire de Sébastopol : en dehors des beaux discours sur le Droit International et l’intégrité de l’Ukraine, cela aurait représenté une belle prise de guerre pour l’Otan...

Depuis, tout en maintenant l’Ukraine formellement en dehors de l’Otan, l’Alliance Atlantique s’est de fait implémentée profondément dans ce pays, promu « partenaire privilégié » : présence d’instructeurs militaires, fournitures de matériel, installation de plusieurs bases,  dont la fameuse base de Yavoriv,  soufflée le 13 mars dernier, où s’étaient regroupés les ‘volontaires’ européens. Sur cette base, jusqu’à fin janvier 2022, des centaines de combattants et d’instructeurs de l’Otan étaient stationnés en permanence.

Dans le documentaire de Paul Moreira « Ukraine, les masques de la révolution »[ii] (2016), on voit un ancien Secrétaire au Trésor US dire carrément : « l’Ukraine est un avant-poste essentiel de nos intérêts militaires fondamentaux ». C’est clair et net. Mais la Russie n’a pas à se sentir visée, bien entendu.

En 2018, les États-Unis se retiraient unilatéralement du Traité sur les Forces Nucléaires à portée Intermédiaire, concernant les ogives nucléaires d'une portée de 500 à 1000 km. Presque simultanément était annoncée la production d’un nouveau type de bombes nucléaires de faible puissance, autrement dit : utilisables dans un conflit réel.

En 2019, lors d’une audition au Sénat US, le général Tod Wolters, l’actuel chef des forces militaires de l’Otan, qui est en même temps chef des forces militaires américaines en Europe, se déclarait en faveur d’un usage en premier de l’arme nucléaire.

Entre avril et juin 2021, ont eu lieu les exercices militaires ‘DEFENDER 2021’ de l’Otan, présentés comme « le plus grand exercice militaire en un quart de siècle », auxquels a participé l’Ukraine, comprenant  notamment, des simulations d’attaques nucléaires - contre les Martiens probablement. A cette occasion un conseiller du président Zelensky déclarait benoîtement « Nous nous entraînons pour, eh bien, disons-le directement, la guerre avec la Russie, le scénario d'une confrontation armée avec la Russie ».[iii]

Mais pourquoi diable ce paranoïaque de voisin devrait-il se sentir menacé !

Roland Marounek
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