Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n° 63
janvier 2017

Éditorial

« Help Syria » ou le retour à la guerre humanitaire
Claudine Pôlet

Alep, Mossoul, Tel-Aviv et le rôle de la propagande de guerre
Vladimir Caller

La campagne « Pas d'Avions de chasse » continue en 2017
Patricia Villalon

L'OTAN est-elle affaiblie par le Brexit ou la présidence de Trump ?
Nicolas Bárdos-Féltoronyi

Italie : Campagne contre l'installation des nouveaux avions de chasse F35 et bombes atomiques B61-12
Comité NO GUERRA NO NATO

Non à la ratification de l'adhésion du Monténégro à l'Otan!

Le Vénézuéla rejette tout accord militaire entre la Colombie et l'Otan
Communiqué de la République Bolivarienne du Vénézuéla

Alerte sur les projets d'agression militaire des Etats-Unis contre la révolution bolivarienne
Claudine Pôlet


Version pdf


Autres numéros :

n°1 : mars 2000
n°2 : juin 2000
n°3 : novembre 2000
n°4 : février 2001
n°5 : avril 2001
n°6 : octobre 2001
n°7 : janvier 2002
n°8 : février 2003
n°9 : mars 2003
n°10 : mai 2003
n°11 : juin 2003
n°12 : novembre 2003
n°13 : mars 2004
n°14 : juin 2004
n°15 : octobre 2004
n°16 : décembre 2004
n°17 : mars 2005
n°18 : juin 2005
n°19 : septembre 2005
n°20 : décembre 2005
n°21 : mars 2006
n°22 : juin 2006
n°23 : septembre 2006
n°24 : décembre 2006
n°25 : mars 2007
n°26 : juin 2007
n°27 : septembre 2007
n°28 : décembre 2007
n°29 : mars 2008
n°30 : juin 2008
n°31 : septembre 2008
n°32 : décembre 2008
n°33 : mars 2009
n°34 : juillet 2009
n°35 : octobre 2009
n°36 : décembre 2009
n°37 : avril 2010
n°38 : juin 2010
n°39 : octobre 2010
n°40 : janvier 2011
n°41 : avril 2011
n°42 : juin 2011
n°43 : octobre 2011
n°44 : décembre 2011
n°45 : mars 2012
n°46 : juillet 2012
n°47 : octobre 2012
n°48 : janvier 2013
n°49 : avril 2013
n°50 : octobre 2013
n°51 : janvier 2014
n°52 : avril 2014
n°53 : juillet 2014
n°54 : octobre 2014
n°55 : janvier 2015
n°56 : avril 2015
n°57 : juillet 2015
n°58 : octobre 2015
n°59 : janvier 2016
n°60 : avril 2016
n°61 : juillet 2016
n°62 : octobre 2016
n°63 : janvier 2017
n°64 : avril 2017
n°65 : juillet 2017

Accueil
Plate-forme du CSO
Alerte OTAN !
Communiqués du CSO

Articles

Documents officiels
Autres textes

Carte de l'Otan
L'Europe et l'Otan (2004)

Kosovo:
Fact-finding mission

Images
Archives
Liens

Contactez-nous !

imprimer 

« Help Syria » ou le retour à la guerre humanitaire

Le 19 décembre dernier, le journal Le Soir a publié sur une pleine page un appel "Help Syria, Agissons, je suis humain et j'agis pour les civils syriens…"  signé par une quarantaine d'organisations se proclamant de la "société civile".

Plusieurs associations du mouvement de la paix ont cosigné cet appel. Cela nous interpelle au plus haut point. Nous reprenons ci-dessous quelques arguments de l'Appel :

"Les derniers occupants d'Alep risquent de disparaître dans les heures et les jours qui viennent. Si nous voulons qu'il ne reste que des cadavres ou des noyés en Méditerranée, nous devons manifester notre indignation aux autorités belges et européennes…."

"Nous proposons de signer une pétition adressée à nos autorités afin que notre gouvernement fasse pression

  • pour rendre possible l'évacuation des civils et l'accès humanitaire ainsi qu'un déploiement d'observateurs des Nations Unies pour protéger les civils et les combattants de toutes violations du droit international humanitaire,
  • pour traduire en justice les auteurs de telles violations"….

L'image utilisée par Help Syria pour illustrer son Appel est particulièrement trompeuse: on y voit des pères avec leur bébé peut-être mort, au milieu d'une rue pleine de ruines de maisons bombardées. On ne peut que se sentir humainement touchés par une telle photo. Mais quand celle-ci s'accompagne d'une phrase disant que "les derniers occupants d'Alep risquent de disparaître dans les jours qui suivent", alors on manipule des sentiments humains pour faire passer un énorme mensonge.

La libération d'Alep a eu lieu!

Ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont pu être secourues, alimentées. Mais cette libération est le fait de ceux-là mêmes que Help Syria accusait de massacrer les populations civiles et de violer le droit international humanitaire. Il faudrait rendre hommage à ceux qui ont libéré Alep Est de l'emprise des groupes terroristes, et rendre justice à ceux qui ont ainsi permis l'évacuation des civils et l'accès humanitaire à la population d'Alep. Or c'est tout le contraire qui se passe. Les promoteurs de l'appel Help Syria continuent de considérer que Bachar Al Assad est leur pire ennemi et que l'intervention de la Russie dans la guerre en Syrie est le plus grand danger pour la paix mondiale.

Des groupes terroristes rebaptisés "combattants"

Help Syria réclame la mise sous protection de l'ONU des "combattants". Comment peut-on présenter sous l'étiquette de "rebelles", de "combattants", les milices de l'Etat Islamique, et autres organisations mafieuses et terroristes qui occupaient une partie de la ville depuis 2013 et bombardaient la population civile de l'autre partie de la ville. Les témoignages des habitants d'Alep Ouest ont été délibérément sabotés par les medias, mais également ignorés pendant des années par les associations "humanitaires". Il ne suffit pas d' affubler les criminels de l'Etat Islamique d'un titre de "combattants" pour les blanchir de leurs exactions. On ne peut non plus les mettre sur le même pied que les forces de l'armée syrienne qui se battent pour défendre la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité de leur pays.

On demande aux sponsors de la guerre de protéger la population civile de Syrie

Qu'est-ce que les promoteurs de l'appel proposent de faire après cinq ans de guerre en Syrie pour que cette guerre s'arrête? En appeler aux autorités belges et européennes, c'est-à-dire à un gouvernement belge qui a depuis le début de la guerre participé à la Coalition Internationale des Volontaires": d'abord en Irak, ensuite en Syrie, et à une Union européenne qui renforce ses liens avec l'Otan et collabore à toutes ses guerres. Les partisans de la "protection des populations civiles" proposent de s'en remettre à des autorités politiques qui participent, soutiennent ou alimentent ces guerres. Ils en reviennent donc à la défense du droit d'ingérence humanitaire, inclus par la guerre. Après 15 ans d'intervention otanienne et d'occupation militaire en Afghanistan , après cinq ans de chaos économique, politique, social créé par l'intervention de la Coalition contre la Libye, les associations de paix se laissent à nouveau prendre au piège de la guerre humanitaire.

Claudine Pôlet
Autres textes de Claudine Pôlet sur le site du CSO