Comité de Surveillance OTAN

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Alerte OTAN n° 55
janvier 2015

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CNAPD

Belgique : sortir de la violence guerrière
Sam Biesemans

L'OTAN au cœur des tueries du Brabant ?
Brice Poirier

La guerre glaciale de Washington contre la Russie
Diana Johnstone

Mission de l’UE au Kosovo : corruption à tous les étages ?
Georges Berghezan

Les partenaires de l’Otan élargie
Manlio Dinucci

L'OTAN s'inscrit au programme du Pivot Asiatique des Etats -Unis
Jenny Clegg (Campaign for Nuclear Disarmament)

Les guerres de l’OTAN
Albert Leimgruber

Guerre et paix… et écologie
Les risques de militarisation durable

Ben Cramer


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L'OTAN s'inscrit au programme du Pivot Asiatique des Etats -Unis

Dans les faits, l'OTAN a entériné le « Pivot Asiatique américain ». Ceci, et le glissement de la politique du Japon en matière de sécurité, contribue beaucoup à la déstabilisation de la région. Les relations entre les deux Etats nucléaires des Etats Unis et de la Chine courent le danger d'une rivalité alarmante.

La région du Pacifique Asiatique

Cette région est la plus dynamique du monde économiquement. Des membres de l'OTAN sont des puissances du Pacifique comme les USA et le Canada. La France a des ambitions en Nouvelle Calédonie et la Grande Bretagne possède une base militaire à Brunei et une présence navale à Singapour. Tous les cinq Etats nucléaires officiels, dont la Russie, ont des intérêts dans cette région.

Le pivot Asiatique Am é ricain

Le president Obama annonçait le ‘Pivot Asiatique' en 2011. Celui-ci est un renforcement d'alliances militaires, stratégiques et navales déjà existantes entre les USA, l'Australie, les Philippines, la Corée du Sud, la Thaïlande et le Japon. D'autres Etats sont aussi impliqués.

Le Japon est au cœur de ce pivot, mais 100,000 soldats américains sont aussi répartis entre le Japon, l'Australie, la Corée du Sud, Guam et Hawaii. De nouvelles bases sont continuellement créées dans cette région. Les USA cherchent à y installer 60% de leur puissance navale.

Les liens de l'OTAN avec l'Asie

L'OTAN entreprend de forger des liens avec les Etats de l'Asie Pacifique grâce à la « coalition des volontaires », la même qui fit la guerre en Afghanistan et l'Iraq. Dès 2012, l'OTAN avait déjà conclu une série d'accords (Partenariats individuels et Programmes de coopération) avec l'Afghanistan, l'Australie, l'Iraq, le Japon, la Mongolie, la Nouvelle Zélande, le Pakistan, les Philippines et la Corée du Sud. Les programmes concernent le secours humanitaire, l'assistance antipirate, la défense anti-cybernétique et balistique, aussi bien que le recueil d'informations, surveillance, entraînement militaire, coopération et intégration, pour harmoniser les politiques, les questions nucléaires, la prévention et la gestion globale.

Le Département d'Etat à la Défense des USA publiait en 2010 un document du Pentagone qui établissait son concept « Joint Operational Access ». Celui-ci devait faciliter la gestion de crises éventuelles dans le Pacifique, en deux phases d'un Plan de Bataille Naval et Aérien (ASB). Le but étant pour les Etats Unis, de bombarder extensivement la Chine, même au risque de la destruction de bon nombre de villes. ASB est un plan de bataille « à fond » pour obtenir rien de moins que la capitulation complète de la Chine.

Conclusion

Ceci signifie que le Japon, affranchi des contraintes de son Article 9, pourrait se retrouver en guerre contre la Chine, et que les Etats Unis seraient alors dans l'obligation de lui porter secours. Les sujets de complication entre la Chine et le Japon ne manquent pas. Leurs relations sont potentiellement plus volatiles que celles qui existaient à l'époque de la Guerre Froide entre les USA et l'URSS.

L'implication de l'OTAN - et ses exercices militaires dans cette région - augmente les tensions. De nouvelles complications se profilent à propos du contrôle de la région de l'Arctique. La doctrine de stratégie nucléaire de première frappe se renforce.

L'OTAN et ses partenaires asiatiques sont de plus en plus impliqués dans la stratégie globale américaine qui cherche à redresser son relatif déclin.

Une zone libre d'armes nucléaires pour la Mer de Chine du Sud

Le protocole du traité de Bangkok pour une zone dénucléarisée dans la Mer de la Chine du Sud n'a pas été signé par les USA, la Grande Bretagne, la Russie ou la France. Ces pays argumentent qu'il faut laisser passage aux sous-marins nucléaires. La Chine pour sa part, bien qu'étant un Etat nucléaire, se montre disposée à signer. Une pression s'exerce sur les pays membres de l'ASEAN pour s'impliquer plus qu'auparavant dans les tensions montantes.

Grâce à ses liens avec les organisations asiatiques pour la paix, la CND appuie les campagnes contre la remilitarisation du Japon. Elle appuie les protestations en Corée du Sud contre la construction d'une base navale américaine sur l'Isle de Jeju.

Le mouvement international pour la paix doit être vigilant. Un conflit entre la Chine et les USA, même réduit, peut créer une situation de conflit prolongé avec des conséquences sérieuses pour l'économie mondiale et des décennies de délais pour l'abolition globale de l'arme nucléaire.

Jenny Clegg travaille pour la Campaign for Nuclear Disarmament, CND, Grande Bretagne. Elle est Senior Lecturer pour Etudes Internationales à l'Université du Central Lancashire

Résumé et traduit de l'anglais par M. Lynam

Texte intégral en anglais sur le site du CND : www.cnduk.org

Jenny Clegg (Campaign for Nuclear Disarmament)