Comité de Surveillance OTAN

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Alerte OTAN n° 42
juin 2011

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Claudine Pôlet

La destruction humanitaire de la Libye
Roland Marounek

La guerre n’est pas un jeu
Marcel Poznanski

Libye, Côte D’Ivoire : Sarkozy jouant au néo-conservateur ?
Vladimir Caller

Il y a 20 ans, la Yougoslavie explosait
Georges Berghezan

Ben Laden est mort, vive la paix !
Francine Verstraeten

Nucléaire civil et militaire : Le cas de la Sardaigne
Carla Goffi

Salut aux manifestations anti-Otan en Serbie

Commémoration Hiroshima Nagasaki


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Nucléaire civil et militaire : Le cas de la Sardaigne

Compte-rendu d’une rencontre-débat à Bruxelles, organisée par plusieurs associations italiennes et le MCP, et l’ICBUW (association internationale pour l’interdiction des armes à uranium appauvri)

Après une introduction et présentation générale de cette initiative par les organisateurs, Mariella Cao a parlé de la situation en Sardaigne, précisément à Salto di Quirra, baptisé LE POLYGONE DE LA MORT : on y relève depuis des années, les contaminations dues à l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri et d’autres éléments radioactifs. Celles-ci ont de graves conséquences sur le territoire et l’environnement, sur les animaux et les personnes. Ce "polygone" est en fait un terrain de tests de bombardements où sont essayées des armes les plus sophistiquées et meurtrières. Ces tests provoquent une véritable hécatombe. On parle même du « syndrome de Quirra », que l’on peut comparer au « syndrome du Golfe », et au « syndrome des Balkans » qui ont suivi les interventions militaires des États-unis et de leurs alliés en Irak et en Yougoslavie.

En Sardaigne, il y a eu de nombreuses dénonciations, des rapports de médecins vétérinaires, des mouvements des populations, la mobilisation de plusieurs journaux et instances politiques et sociales. Celles-ci ont abouti à une intervention de la magistrature, qui a ouvert une enquête et décidé la mise sous séquestre de certains systèmes d’armement et de zones d’opérations sur terre et en mer. Des enquêtes épidémiologiques ont également eu lieu, des commissions d’enquête parlementaire ont obtenu des résultats importants, tels que le renversement de la preuve sur le Ministère de la Défense : c’est à lui à démontrer que l’utilisation de l’uranium appauvri ne serait pas dangereux, et pas l’inverse. Mais le point essentiel pour lequel la lutte se poursuit, est la reconnaissance totale des faits objectifs, tels que les morts, les maladies, les malformations, ainsi que l’affirmation du principe de prudence. La seule chose concrète et sérieuse à faire c’est un moratoire sur les activités du Polygone, une étude sur les effets de tous ces tests, l’assainissement de toute la zone et le dédommagement des victimes.

Ria Verjauw (ICBUW) a expliqué comment et où sont utilisées les armes à uranium appauvri et quels en sont les effets. Une campagne internationale est en cours pour interdire de telles armes. Un projet de résolution de l’ONU a été rejeté en 2010 par les États les plus actifs dans cette production et utilisation, les États-unis, la France, la Grande Bretagne, Israël. Il faut rappeler que la Belgique est le premier pays qui a expressément interdit , par une loi, toute activité liée aux armes à uranium appauvri. Il faut que cette campagne se poursuive et s’intensifie, avec la participation de toutes les instances politiques et sociales possibles pour faire pression sur les autorités compétentes, tant civiles que militaires.

Entre autres initiatives, il y aura en octobre prochain, une audition publique au Parlement Européen, du Comité Sécurité et Défense sur le rapport de la Commission Européenne à propos des armes à uranium appauvri. Il est possible d’obtenir une nouvelle résolution qui considère le cas de QUIRRA en Sardaigne comme emblématique des effets nocifs de ces armes.

« Le syndrome de Quirra ».

Au cours de la moitié des années 50, l’Italie, pour se refaire une virginité après les années mussoliniennes, à accepté l’installation sur son sol, de plusieurs bases militaires Usa. Il s’agissait, pour une grande part, de polygones servant à expérimenter de nouveaux armements, entreposer munitions et carburants, et aussi à mettre en place et utiliser des systèmes radar à usage d’espionnage.

Aujourd’hui 60% de ces infrastructures se trouvent en Sardaigne. Compte tenu du faible taux de population de l’île (69 personnes par km), on peut comprendre que ces insulaires se sentent véritablement ‘colonisés’ par les armées, et victimes de toutes les nuisances qui s’en suivent. Trois grandes bases existent : Capofresco, Capoteulada et Salto di Quirra. Cette dernière est considérée comme le polygone de tir le plus important d’Europe.

A partir des années 90, l’Otan, ainsi que de nombreuses firmes d’armement, commencèrent à faire de la Sardaigne leur ‘champ d’expérimentation de bataille ‘ privilégié. Armes de tout genre, mais aussi de missiles y ont été expérimentés, dans de vastes étendues de terres entre la montagne et la mer… Plusieurs missiles, au dire de certains témoins, tombaient dans la mer sans faire l’objet d’aucune récupération de la part des ‘pollueurs’. Seuls les pêcheurs en trouvaient de temps à autre dans leurs filets.

Au début des années 2000, la leucémie tue, d’une façon foudroyante, deux militaires italiens : l’un, vétéran de la guerre en Bosnie, l’autre, employé au polygone de Capo Teulada. Les Sardes commencent à entendre parler de l’uranium appauvri et faire le lien avec ce qui se passe chez eux. Une presse attentive, des parlementaires au service de leur population et le comité ‘Gettiamo le Basi’ (contre la présence des bases militaires) se lancent dans des recherches et campagnes tous azimuts, créant des alliances avec les familles de victimes militaires et les syndicats de l’armée, qui demandent que toute la vérité se fasse sur la dangerosité de telles armes.

On commence à parler de « Syndrome de Quirra », grâce aussi à un courageux médecin qui, brisant la loi du silence des personnes travaillant dans la base et de certaines autorités locales, dénonce une inquiétante montée des cancers (Hodgkin, myélomes, leucémies) et met en garde la population contre le danger qui provient de la base de Quirra. Petit à petit, les langues se délient. Les vétérinaires ont dénoncé la naissance d’agneaux malformés, les familles des malades et décédés s’expriment publiquement, et des scientifiques effectuent des analyses pour leur compte…Enfin, une commission parlementaire à réussi à porter le débat au parlement italien sur le cas spécifique de Quirra, s’appuyant sur le fait que l’état Italien avait déjà été condamné à payer environ un million d’euros aux familles de soldats morts de cancer après leur retour de Bosnie.

En février 2011, un nouveau décès à Quirra (60 décès de cancer sur 150 habitants) à attiré l’attention du magistrat Monsieur Fiordalisi, procureur de la République. Il a ordonné une enquête approfondie. Trois mois plus tard, le procureur a déjà délivré des inculpations pour homicide intentionnel, faux de documents officiels, détention et usage d’armes de guerre, violation de l’environnement, faux en écriture… etc.

Et dire que, dans la Méditerranée, la Sardaigne était la région où les personnes âgées vivaient le plus longtemps !

Quelques références pour de plus amples informations :
gramscibxl.tripod.com
www.megachip.info
www.bandepleteduranium.org

Carla Goffi
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